Cette élection où certains espèrent, enfin, enterrer le Bloc Québécois…

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Il y a quelques semaines encore, avant que Gilles Duceppe n’accepte de revenir au bercail, le Bloc Québécois peinait à attirer l’attention; on le comptait déjà pour mort, lors des différentes analyses politiques, on ne lui conférait plus qu’une mention symbolique. Bref, c’était la fin.

Mario Beaulieu, militant et fier indépendantiste avant tout, le savait. C’est lui qui s’est adressé à Duceppe; pour la cause, pour éviter un naufrage annoncé. Mais rien n’indique que la seule venue de Duceppe ne puisse changer complètement la donne. Fait indéniable cependant, le retour de Gilles Duceppe, en verve depuis le début de la campagne, oblige les analystes politiques à compter le Bloc dans la course car ce parti pourrait très bien brouiller les cartes. Dans les cercles fédéralistes, cela en agace plusieurs. Pour cette élite fédéraliste du Québec qui s’est employée de toute ses forces à battre Pauline Marois en 2014, la présente campagne électorale est celle où il faut à tout prix enterrer le Bloc Québécois une fois pour toute.

Avant même le lancement des élections mais suite au retour de Duceppe, certains analystes avançaient que si le Bloc ne parvenait pas à retrouver sa force d’antan, c’en était fini pour lui. Voilà analyse de mauvaise foi! Le Bloc de Beaulieu se dirigeait à l’abattoir et risquait de ne faire élire aucun député. La seule venue de Duceppe redonne au Bloc sa pertinence et à plus de 25%, là où il y a des courses à trois, il pourrait se faufiler. D’ailleurs, il est risible de voir ces « analystes » pérorer sur le recul de l’appui au Bloc au cours des derniers jours en s’appuyant sur des sondages nationaux où l’échantillonnage est de moins de 500 personnes au Québec. Je reviendrai dans un autre billet sur le danger de trop accorder d’importance aux sondages non probabilistes à faible échantillonnage.

Si on voulait faire une analyse plus crédible de la situation de Bloc Québécois actuellement, on noterait qu’un tel regain de vie suite à l’arrivée d’un chef si tard avant le lancement d’une campagne électorale tient de l’exploit. Duceppe ne peut tout faire seul, les coffres sont poins d’être garnis et il a derrière lui une équipe jeune, mais très dynamique. La réalité, c’est que si le Bloc parvient à regagner le statut de parti officiel à la Chambre des Communes, il aura gagné son pari haut la main. Quand on considère là où il était il y a cinq semaines, chaque député élu sera un gain pour les indépendantistes. Mais ça, les analystes éviteront de le dire. Ou si peu.

Mieux encore, et Denis Lessard, bon soldat de l’empire Gesca, s’emploie encore à le faire ce matin dans son texte, on tente de lier le sort du Bloc Québécois à celui du Parti Québécois de Pierre-Karl Péladeau. « Une défaite du Bloc serait un dur coup pour le PQ de PKP » avance Denis Lessard…

Pardon?

Le PQ mène par plus de 10 points chez l’électorat francophone au provincial, PKP est bien en selle pour un politicien néophyte et bien franchement, je me trouve assez amusé de la façon dont il agace ses détracteurs par le seul emploi de sa page facebook. Avant le retour de Duceppe au Bloc, le PQ hésitait à trop s’ingérer mais pour le bien de la cause, et au constat du bilan de la députation NPD en lien avec les revendications spécifiques du Québec (notons le seul dossier Énergie Est par exemple), force est de constater que la question se pose: existe-t-il un « Bloc Canadian » quand vient le temps de défendre les intérêts spécifiques du Québec à Ottawa?

Là est tout le défi qui se présente à Gilles Duceppe. Le NPD compte un plein mandat, nombre de votes à la Chambre des Communes dans des dossiers où les intérêts du Québec divergeaient de ceux du Canada. Le prochain gouvernement fédéral s’emploiera à coup sûr à vouloir faire transiter le pétrole bitumineux par le Québec compte tenu du refus net du président américain d’exposer sa population aux risques inconsidérés du pipeline Keystone XL. Ces mêmes risques qui ont convaincu ET Mulcair, ET Trudeau à militer activement contre des pipelines qui mettaient à risque la population et l’environnement dans l’ouest. Gilles Duceppe se doit de le rappeler, sans cesse. Les enjeux sont trop grands.

Le chef bloquiste doit s’attendre à ce que l’on ne se bouscule pas aux portes pour lui tendre le micro quand il s’attaquera à de tels intérêts. Au Québec par exemple, certains empires médiatiques ont aussi beaucoup à perdre -ou à gagner – dans l’aventure pétrolière…

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