Sans l’ombre d’un doute, le plus grand perdant du débat Macleans… Le Québec!

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(Image via Influence communication)

Un débat politique en plein été, un 6 août, en anglais seulement, diffusé sur les ondes d’une télé privée (et CPAC, le canal parlementaire) et dans internet. Il y avait la chaîne youtube aussi. Selon différentes sources, au plus fort du débat hier sur youtube, 25 000 personnes max. On attendra les chiffres de la télédiffusion, mais force est d’admettre que ce débat a été très peu suivi en dehors des cercles de cracks de politique… Comme moi.

Car on ne peut nier que ce débat (mot dièse #macdebate) était très intéressant à suivre sur twitter. En instantané, les réactions du staff politique des uns et des autres, des commentateurs et journalistes, des autres usagers aussi fanas de politique. Sans compter que les parallèles à faire avec le débat des candidats républicains. Tout ça était fascinant.

Ce type d’exercice cependant ne fait que très rarement un gagnant ou un perdant clair. Ce fut le cas hier alors qu’aucun des candidats ne s’est éjecté de la course par sa prestation au #macdebate. Notons toutefois que la cheffe des Verts Elizabeth May aura réussi à piquer la curiosité de ceux qui se sont intéressés à ce débat. Dommage pour elle que sa prestation n’ait pas été diffusée à plus grande échelle.

Du côté des analystes du ROC, on a noté que Mulcair n’a pas été à la hauteur des attentes qu’il s’était lui-même fixées. Il se pourrait bien que le #macdebate soit le seul débat de langue anglaise où le chef NPD affrontait en face à face le PM Harper. Une occasion manquée de le déstabiliser. Harper ne risquait pas grand chose, ce débat à plus de 10 semaines du vote, diffusé à petite échelle, les machines politiques de ses adversaires encore en rodage, le PM a bien essuyé quelques coups, mais rien qui puisse durer jusqu’au 19 octobre. Mission accomplie pour lui. Trudeau a paru chancelant, rien de transcendant. Sa remarque de fin de débat était décousue, à la limite étrange. Un point positif pour lui cependant, dans les dossiers qui pouvaient intéressés un auditoire visé par ce débat, les communautés ethniques de Toronto (le débat était traduit simultanément en plusieurs langues de ces communautés dont plusieurs membres ne maîtrisent pas l’anglais), Trudeau pourrait avoir marqué des points.

Mais il y a eu un net perdant lors du débat d’hier et c’est sans contredit le Québec.

C’est bien simple, les seuls moments où le Québec a été évoqué sont ceux du dénigrement. Ça crevait les yeux. Pour dire vrai, c’en était malaisant. La formule déjà avait tout pour exclure le Québec du débat. Cependant, on savait déjà que Trudeau attaquerait Mulcair sur la déclaration de Sherbrooke du NPD selon laquelle ce parti réaffirme un principe pourtant clair ailleurs dans le monde, le Canada doit reconnaître le 50% plus un à un éventuel référendum du Québec sur la souveraineté. On savait que Trudeau ressortirait la « Clarté » libérale.

C’est quand on a parlé de la « séparation » que ce débat a levé. Le seul moment vraiment où tous les candidats se sont vraiment animés. Tous unis dans une surenchère de mépris envers le Québec. Mulcair et Trudeau rivalisaient à savoir lequel avait combattu avec le plus de hargne, d’acharnement, les méchants séparatistes (50 % de la population en 1995).

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Là on a vu le « Angry Tom »; celui que le NPD tente de cacher depuis le début de la campagne à coup de sourires feints et rigides. Pour s’assurer de bien laisser savoir au Rest of Canada que son parti n’est pas un repère de « séparatistes », pour bien se dégager de toutes conséquences néfastes de la vague orange -car tout parti qui est trop fort au Québec est nécessairement suspect dans le ROC- , « Tom » Mulcair s’est essuyé les pieds sur les convictions de beaucoup de ceux qui ont permis à la vague orange de naître. Je défie quiconque au NPD de nier que l’appui massif de souverainistes, de nationalistes, a permis en grande partie l’élection de tant de députés NPD. La vérité demeure que sans l’élection inattendue d’autant de NPD au Québec, le parti de Jack Layton aurait joint le PLC de Trudeau dans la marginalité, loin derrière les Conservateurs.

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À force de se taper dessus pour montrer leur mépris d’autant de Québécois, Mulcair, Trudeau et les autres (dans une moindre mesure) ont très certainement avantagé Gilles Duceppe et le Bloc Québécois. Si j’étais stratège du Bloc, je préparerais une campagne de pub au Québec à partir de la seule performance de Mulcair à ce débat. Pas une campagne négative, une campagne réaliste. Mulcair avait débuté sa tournée ontarienne juste avant le déclenchement des élections par un long exposé rappelant ses états d’armes comme combattant de la spécificité du Québec, contre le mouvement souverainiste. Il est plus que temps que l’ensemble des Québécois soient informés des positions de Mulcair sur le Québec. On est très, très loin de l’ouverture d’un Jack Layton. On sentait le malaise que Mulcair ressentait hier de devoir défendre la déclaration de Sherbrooke. Sur le Québec, Mulcair est beaucoup plus près d’un Couillard que de Jack Layton.

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On connaissait la position de Trudeau et celui-ci n’espère plus rien du Québec. Mais Mulcair joue gros en méprisant ainsi les convictions nationalistes (et même progressistes) de tant de ceux qui ont appuyé le NPD en 2011. Quand le chef du NPD changera sa cassette pour celle spécifique au Québec et qu’il se drapera dans un aura progressiste et nationaliste, nous seront très nombreux à lui rappeler non plus ses positions (pas si) lointaines très gênantes -comme son appui équivoque au PLQ de Couillard et Coiteux- mais plutôt ses déclarations lors du premier débat de la récente campagne.

En terminant, en entendant Mulcair hier pendant le segment sur le Québec, j’ai eu une petite pensée pour des gens comme Alex Boulerice et même notre candidate NPD locale Chantal Crête, que j’avais rencontré la première fois alors qu’elle assistait à la rencontre de Martine Ouellet et Bernard Drainville lors de la chefferie du PQ, voilà des gens qui ne peuvent qu’être mal à l’aise quand « Angry Tom » déverse ainsi son fiel sur le Québec.

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