Sondages bidons? Sondages crédibles? Les questions à se poser…

Il y a quelques jours, le réseau de nouvelle en continu LCN faisait défiler dans son fil de nouvelles en bas d’écran, le résultat d’un sondage des intentions de vote au Québec au fédéral. Un sondage Forum Research pan-canadien dont l’échantillon au Québec n’était que de 350 personnes. Un sondage par échantillon web, non probabiliste et à validité statistique nulle.

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Chaque fois que je vois des réseaux de nouvelles, des journaux, des analystes ou chroniqueurs qui opinent à partir de tels enquêtes bidons, je me rappelle cette courte entrée de blogue de Loïc Tassé lors de la dernière campagne électorale au Québec en 2014:

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La campagne électorale fédérale actuelle sera très longue; il y aura beaucoup de sondages. La majorité de ceux qui seront publiés n’auront pas de valeur statistique. C’est la nouvelle réalité de cette industrie où l’usage d’un panel web est beaucoup moins coûteux que la norme statistique valable qui impose des échantillons valides, par téléphone par exemple. La problématique majeure demeure l’incapacité des panels web de représenter adéquatement l’ensemble de la représentation sociétale. Comme certains segments de la population sont systématiquement sous-représentés au sein des panels web, peu importe comment on les constitue, difficile d’offrir un portrait exact, même un instantané, en usant de cette méthode.

Des intérêts des sondeurs…

Au Canada anglais, depuis longtemps, les analystes politiques, journalistes et autres observateurs intéressés par la question se demandent si les sondages sont vraiment utiles, comment ils influencent la population et surtout quel usage en font ceux qui les publient. Outil de propagande pour influencer la population ou véritable instrument d’information neutre et fiable? On trouve moins ce questionnement au Québec.

Le co-fondateur de ViewStats Research et statisticien Oleh Iwanyshyn a publié un article très intéressant sur le sujet il y a quelques années; un texte qui est encore très éclairant aujourd’hui. Pour lui, on ne peut tout simplement pas faire confiance aux médias quand vient le temps de sonder en période électorale. Pourquoi? Deux facteurs principaux : l’invalidité statistique des enquêtes mais aussi les intérêts particuliers de certaines firmes de sondage.

« Reassurances from pollsters on the accuracy of results are suspect due to an obvious conflict of interest. They’re marketing their product. The press also has a conflict of interest. Media organizations often commission these polls. Can you remember the last time a media organization has questioned the results of a poll it paid for? Even if a news organization has no financial stake in a poll, it usually doesn’t have the technical expertise to independently assess the poll’s accuracy. »

Au Québec, certains médias publient presque exclusivement des enquêtes de firmes de sondages au sein desquelles leurs propriétaires ont des intérêts. Cela est, bien entendu, très problématique du point de vue éthique. On ne peut exclure que des sondages soient volontairement inclinés politiquement, surtout si un média ouvertement appuie une option politique.

Ainsi, chaque fois que le citoyen consulte un sondage, il doit se poser les questions suivantes; est-il valable scientifiquement?, quel en est l’échantillonnage régional?, qui le publie? peut-on consulter la méthodologie complète de ce sondage?

Un sondeur qui refuse de publier ses méthodes statistiques, et l’ensemble de sa méthodologie ne publie pas des sondages mais plutôt de la propagande. Ce type de sondages ne vaut pas l’encre par lequel on le publie. C’est de la merde et rien d’autre.

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3 réflexions sur “Sondages bidons? Sondages crédibles? Les questions à se poser…

  1. Un sondage a un effet d’entraînement. Une compagnie de sondage peut avantager un parti au début de la campagne et le désavantager en plein milieu de celle-ci. De cette façon, on crée artificiellement une vague qui va inciter une partie des électeurs à suivre la tendance.

    Les commentateurs médiatiques vont par la suite attribut cette baisse dans les sondages à quelques erreurs qui normalement aurait été anecdotiques.

    Par exemple, le poing à l’air de PKP a pris des proportions exagérés et les allégations de corruption du PLQ et de leur chef ne lui a pas empêché de gagner les élections.

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  2. Vous m’avez intrigué avec cette phrase: « Au Québec, certains médias publient presque exclusivement des enquêtes de firmes de sondages au sein desquelles leurs propriétaires ont des intérêts. » Pourriez-vous être plus précis?

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