Voter stratégique ou pas?

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Je lis beaucoup de trucs concernant le « vote stratégique » dernièrement. Ce n’est pas nouveau, c’est une conséquence néfaste de notre mode de scrutin uninominal à un tour, le plus désuet et inefficace qui soit. Le moins représentatif des aspirations divergentes saines au sein d’une population.

Au provincial, Jean Charest maîtrisait l’art de fédérer le vote anti-nationaliste au Québec en martelant sans cesse qu’un vote pour la CAQ, c’était un vote pour le PQ et ainsi de suite, les péquistes taxant les progressistes d’appuyer le parti Libéral en votant pour les Solidaires. L’incapacité de notre mode de scrutin d’octroyer une forme de proportionnalité (et de représentation) aux diverses voix plus complexes que le bipartisme produit cette distorsion néfaste.

Au Canada, au cours des 30 dernières années, tour à tour les appuis de la droite et ensuite de ce qui est moins à droite (difficile d’appeler le duo NPD-PLC la « gauche ») se sont divisés permettant à l’adversaire de régner fort de la division du clan adverse.

La force de Stephen Harper fut de rassembler juste assez d’appuis au sein d’une coalition idéologique ferme afin de former des gouvernements minoritaire et ensuite majoritaire. Ses appuis s’effritent, je doute qu’il puisse atteindre le 34-35% des votes, mais les Conservateurs comptent tout de même sur un 30% de vote captif. Fort de la division de l’adversaire, et aussi en comptant sur un redécoupage favorable de la carte électorale qui leur offre pratiquement sur un plateau d’argent entre 25 et 30 sièges, Harper mène une campagne électorale qui vise autant le raffermissement de son vote que l’ajout d’électeurs.

Voter stratégique ou pas?

Alors, voter stratégique ou pas me demande-t-on souvent? Pour un indépendantiste, la question ne devrait même pas se poser. S’il y a une chose dont in ne peut douter en regardant les partis et les chefs des formations politiques du « Bloc Canadian » PCC-PLC-NPD, c’est que chacun est un adversaire féroce des indépendantistes et aucun ne placerait les intérêts du Québec au même niveau et surtout pas avant les intérêts du Canada. La question est entendue pour les indépendantistes, ou toute personne pour qui la défense des intérêts du Québec versus ceux du Canada est importante il me semble.

Cependant, en demandant aux Québécois de voter en fonction de leurs convictions, les chefs indépendantistes devront être cohérents et accepter que des progressistes appuient les Solidaires au provincial, surtout ceux pour qui les convictions de gauche priment sur celles du pays. Nous sommes dans cette dynamiques où une « certaine gauche » conditionne tout appui à l’indépendance à une garantie de gouvernance de gauche. Cette absence de confiance en ceux là même avec qui on veut faire le pays pour qu’ils se gouvernent en fonction des aspirations normales d’une nation souveraine est un appui implicite à ceux qui refusent l’indépendance.

Il faut l’accepter.

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L’autre question pour ceux qui se demandent s’il faut sacrifier l’appui de l’un des deux partis « moins à droite -et ça se discute- que les Conservateurs-, je me poserais la question suivante: quelle différence majeure existe-t-il entre les programmes de chacun de ces partis sur les enjeux fondamentaux à la nation canadienne? Qui est POUR l’exploitation des bitumineux, qui appuie sans réserve les pétrolières, qui a appuyé C-51, qui se range sans réserve derrière les Sionistes, qui propose un programme fiscal si différent de la pratique actuelle au Canada…

Quand on scrute l’ensemble des plateformes des différents partis du Bloc Canadian, on se rend compte que depuis que Mulcair a tassé le NPD au moins aussi à droite que le PLC de Trudeau, ce qui manque le plus au Canada, c’est une voix véritablement progressiste.

Sauf que cette voix souffrirait inévitablement des écueils de notre mode de scrutin désuet…

Ah oui, quelqu’un dans la salle propose de changer le mode de scrutin?

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Une réflexion sur “Voter stratégique ou pas?

  1. Oublions toute réforme du mode de scrutin. Cela ne constituerait qu’un obstacle supplémentaire pour l’ accession du Québec à son indépendance. Même à 35% dans les sondages, les indépendantistes représentent la principale force politique au Québec. Nos divisions causent notre faiblesse. Le peuple écossais a fait une démonstration d’unité en faisant élire 56 députés du National Scottish Party sur une possibilité de 59 au parlement de Westminster. Puissions-nous nous en inspirer! Les enjeux lors de ces élections fédérales sont pour leurs parts très clairs. Le Bloc « Canadian » a renoncé à la lutte aux changements climatiques en misant tous sur l’expansion de la production de pétrole issu des sables bitumineux et en nous imposant son passage sur notre territoire alors le que la Colombie Britannique et les USA, eux, s’y oppose. C’est dire tout le mépris qu’ils ont pour le Québec. Il est désespérant de constater que les Québécois ne réalisent pas qu’il n’y a aucune différence entre Mulcair et Harper en ce qui a trait à l’environnement…

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