« Un système de corruption… » Manchette dévastatrice pour les Conservateurs

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L’affaire Duffy ne semble pas vouloir s’estomper bien que le parti Conservateur espère vivement que la pause dans ce procès à la fin du mois (le procès ne reprendra ensuite qu’après les élections) permettra de faire oublier ce dossier jusqu’au jour du vote.

Le problème c’est que le travail de l’avocat de l’ex sénateur Duffy risque de faire beaucoup plus mal aux Conservateurs que tout scénario qu’ils avaient envisagé. Sinon, comment expliquer la décision de lancer la plus longue campagne électorale de l’histoire moderne du Canada en sachant que cela englobait ce dangereux procès pour le clan Harper? (On lira d’ailleurs l’excellent texte de Manon Cornellier sur cette question.)

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Un scandale de corruption plus grand qu’on ne le pense?

N’en déplaise aux plus ardents supporteurs de Harper au Québec, et je pense ici à l’animateur Éric Duhaime qui se fend quotidiennement de diatribes enragées envers Radio-Canada et tous les médias « gauchistes » qui s’acharnent selon lui sur le PM sortant par leur couverture du procès Duffy, ce qui est en train de sortir du procès Duffy c’est une image du bureau du premier ministre qui pourrait très bien coller jusqu’au jour du vote… et encore plus.

Canadian government faces widening corruption scandal as election looms

Une manchette comme celle du réputé quotidien britannique The Guardian n’a rien pour réjouir le clan Conservateur. C’est que plus le procès avance, plus l’avocat de Duffy tisse sa toile en ayant recours, notamment à des interrogatoires de la GRC de proches du premier ministre, plus le mensonge grossit. On ne parle plus simplement d’une histoire de chèque mais d’un immense scénario, planifié dans les plus menus détails, auquel aurait participé le premier ministre lui-même et nombre de sa garde rapprochée.

Le scandale Duffy a éclaté en 2013, plus de deux ans avant l’élection en cours. Les Conservateurs ont érigé un mensonge qui, le pensaient-ils, passerait le test des interrogatoires et du temps. Ils se sont fait piéger dans les deux cas. le sénateur Duffy refuse de tomber seul et questionne légitimement l’application des règles des dépenses en place au moment où il réclamait des dépenses injustifiées au Sénat; c’est son droit.

Pire encore, le timing. Ça ne pouvait plus mal tomber pour Harper. Voilà un homme qui est habitué de tout contrôler, il aime avoir l’initiative et, bon tacticien, penser deux coups au devant de ses adversaires. Le procès Duffy le plonge dans l’incertitude et il perd le contrôle du message. Finie l’époque des cinq promesses claires, du message scripté, des questions connues d’avance.

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Harper ne pourra qu’espérer que le chroniqueur du National Post John Iveson n’ait raison. « Personne ne se souviendra de cette question le jour du vote ». Bien que Iveson ne concède que ce procès a irrémédiablement affecté l’aura du « leader assuré » de Stephen Harper tout en donnant beaucoup de munitions à ceux qui militent pour « tout sauf les Conservateurs ».

Bref, l’avenir le dira mais une chose est certaine, les adversaires de Harper lui rappelleront chaque jour ce procès, notamment lors des débats. Leur stratégie est claire, s’assurer que le procès Duffy suive la population jusque dans l’urne; en faire un « ballot question« …

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