Austérité? Déficits? Trudeau parle de réinvestissement, Mulcair et Harper de « choix difficiles »…

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Les unes du Winnipeg Sun et du Toronto Metro font jaser ce matin. « Justin Trudeau a-t-il commis un suicide politique en annonçant trois années de déficit avant le retour budgétaire? » et « Mulcair pousse le NPD à droite, est-ce bon pour Toronto? ». Le Sun fait sa une à coup de sensationnalisme; on connait la méthode, le Metro n’est pas en reste; ce qui est en jeu ici ce sont les choix clairs qu’ont fait chacun des chefs. On se questionne sur cette stratégie de l’honnêteté adoptée par le chef libéral ou par ce virage nettement marqué vers la droite énoncé par « Tom » Mulcair. Car dans l’état où se trouve l’économie canadienne, trop inféodée au seul cours du pétrole, les déficits sont fort probablement inévitables, à moins d’avoir l’honnêteté d’annoncer un virage vers l’austérité.

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C’est d’ailleurs dans cet angle que la promesse de Trudeau est rapportée dans le Maclean’s ce matin.

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Les masques tombent

Du côté de Mulcair et du NPD pourtant, on semble avoir fait son lit, dans la seule journée d’hier le chef néodémocrate a offert quelques indications de son plan et, malheureusement pour les Québécois qui y gouttent déjà, c’est le retour de la rhétorique de l’austérité, de la « rigueur budgétaire », des « choix difficiles ».

Hier, Mulcair se voyait contraint de reculer sur sa promesse de « remettre en place la formule de financement de la santé pour les provinces » et « d’annuler les coupes conservatrices de 36 milliards de dollars » comme l’annonçait Radio-Canada. Lors du même point de presse, ce qui intéressera les Québécois, c’est le changement de vocabulaire du chef Mulcair. Depuis le début de la campagne, ce dernier fanfaronnait et multipliait les promesses couteuses, hier le ton a changé. Plus tôt dans le semaine, Mulcair avait contredit son potentiel ministre des finances Andrew Thomson quand celui-ci avait annoncé des « choix difficiles » et des « coupures inévitables », voilà maintenant que c’est le chef qui emploie la même rhétorique.

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Affrontements partisans entre Libéraux et Néodémocrates

Fait à noter, Andrew Thomson du NPD inaugurait justement hier son local électoral dans le comté d’Eglington-Lawrence mais la vedette économique du chef Mulcair a reçu de la visite inattendue! Des militants Libéraux se sont invités à cette inauguration, pancartes à la main, pour remettre à l’avant plan la citation du candidat néodémocrate dont le chef Mulcair tentait de se distancer : « des coupures budgétaires sont inévitables! ».

Comme le note Radio-Canada dans son texte, « M. Mulcair demeure cependant avare de commentaires sur les mesures qu’il adoptera pour parvenir à ses fins, promettant une plateforme chiffrée plus tard dans la campagne. » le problème c’est que Mulcair recule toujours plus sur les engagements progressistes qui sont chers à la base militante de son parti. Je le notais hier, le chef du NPD a fait disparaitre du site du parti le « cahier des propositions » des militants en congrès. Il sera intéressant de comparer la plateforme officielle du NPD à ces propositions militantes.

Déjà, quand on voit le chef Mulcair flanqué de son candidat Andrew Thomson, usant de la terminologie de l’austérité, des « choix difficiles », de la « rigueur budgétaire », c’est beaucoup plus à Martin Coiteux que l’on pense et non aux ardeurs militantes d’un Hans Marotte.

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D’ailleurs, le Ottawa Citizen le fait remarquer encore ce matin, sur cette question de la direction à prendre quant aux choix économiques, « Tom » Mulcair adopte une position qui le rapproche du chef Conservateur Stephen Harper…

En bout de ligne, les citoyens du Canada et du Québec auront à se prononcer et si la journée d’hier est indicatrice de tendances, il semble bien que les NPD et le PLC aient choisi des chemins irréconciliables. D’une part Trudeau lorgne vers le réinvestissement et l’acceptation de déficits ponctuels; d’autre part, à l’instar du PLQ de Couillard et Coiteux que Mulcair, incidemment, a appuyé, le NPD penche plutôt vers l’équilibre budgétaire à tout prix ce qui conduit inévitablement aux « choix difficiles » et à l’austérité.

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Une réflexion sur “Austérité? Déficits? Trudeau parle de réinvestissement, Mulcair et Harper de « choix difficiles »…

  1. C’est le monde à l’envers! C’est à ce point contre-intuitif qu’on est en droit de s’attendre à ce que ça prenne quelques semaines avant que ça percolle et que ça se reflète dans les intentions de vote.

    Plusieurs partisans du NPD auront besoin de temps avant de réaliser que le parti qu’ils ont connu et parfois aimé n’existe plus parce qu’il a été dévoyé par un ambitieux. Il il faut respecter ça. Un deuil, ce n’est pas instantané.

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