Le trésor de guerre électoral des Conservateurs peut-il influencer le cours des choses?

Après une pause salutaire, je me propose de revenir sur un article publié le 18 juillet dernier dans le Toronto Star par un chroniqueur politique canadien de renom, Bob Hepburn. À deux semaines avant le déclenchement des élections, ce chroniqueur posait la question suivante : « pourquoi Stephen Harper n’attaque-t-il que Justin Trudeau malgré le fait que le NPD cartonne dans les sondages? »

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On se rappellera qu’avant le déclenchement des élections, les Conservateurs avaient lancé de nombreuses salves en forme de pubs négatives envers Justin Trudeau. Le slogan principal de ces attaques? « Trudeau : he’s just not ready! Nice haïr though! » Pas dépourvu d’humour en plus.

En gros, Hepburn argumentait que les Conservateurs craignaient le charisme de Trudeau, que Harper faisait un combat personnel, à la limite vindicatif, de couler les Libéraux de Trudeau, les défaire pour de bon. Le PM sortant cultive une antipathie personnelle envers le chef Libéral, envers ce parti qui, selon lui, négligeait les gens de l’ouest du Canada au détriment du Québec, bref, Harper voudrait enterrer le PLC.

« Prime Minister Stephen Harper hates Trudeau and the Liberals. It’s a personal hatred, dating back to the 1980s and to Justin’s father, the late prime minister Pierre Trudeau.

Harper’s right-wing ideology was forged forever during Trudeau’s reign when the young Harper felt Justin’s father had a personal dislike for western Canada, and Alberta in particular. He felt the introduction of the National Energy Program and Trudeau’s focus on Quebec were the clearest proof of this anti-West attitude. »

Surtout, et c’est ici que ça devient intéressant plus d’un mois plus tard de revenir sur cet article, Harper souhaitait par ses attaques anti-Trudeau faire de l’élection une course à deux entre le NPD de Mulcair et ses Conservateurs à lui. Ce scénario plaisait aux Conservateurs qui étaient confiants d’écraser sans trop de difficultés le NPD de Mulcair dans une course à deux.

Hepburn explique: « Clearly, Harper isn’t totally ignoring Mulcair. The Conservatives have already released one ad portraying the NDP as tax-and-spenders who will harm the Canadian middle class.

And if the NDP poll numbers remain high well into September, voters can expect to see more anti-NDP ads from Harper. As he sees it, he’s got enough money at his disposal to fight both Trudeau and Mulcair at the same time.

Under Harper, the Conservatives have grown filthy rich, having collected nearly $70 million in donations since 2011, some $25 million more than the Liberals and $40 million more than the NDP »

Vous avez bien lu : le trésor de guerre électoral des Conservateurs est de 40M de dollars de plus que le NPD. 

Voilà le scénario qui se dessine alors que la campagne approche de septembre; une course à trois, Trudeau est toujours dans la course et il risque bien de tripler son score de 2011 grâce à ses appuis en Ontario, le NPD demeure fort au national et c’est Harper qui se trouve en 3e place bien que statistiquement, les trois partis se voisinent dans la marge d’erreur des différents sondages.

Sauf que le premier tiers de la campagne n’a pas été celui où les Conservateurs ont beaucoup pigé dans leur trésor de guerre. Ces sommes seront dépensées et il y a fort à parier que le chef du NPD sera la cible de plusieurs attaques. C’est déjà commencé si on en juge la fin de semaine qui se termine. Mulcair, dans le Canada anglais, est la cible de Trudeau ET de Harper. Ce que Hepburn n’avait pas évoqué dans son texte où il parle plutôt du « leftist NDP » (les gauchistes du NPD), c’est la réorientation sévère vers la droite que Mulcair impose à son parti à un point tel que le NPD se trouve plus à droite à bien des égards que le PLC de Trudeau.

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Conséquence? Trudeau attaque Mulcair par la gauche et Harper s’applique à démolir les promesses de droite du NPD. La journée d’hier a été marquée par les attaques sur les promesses économiques du NPD par le PLC et les Conservateurs.

Tout n’est pas perdu pour Harper qui est assis sur des millions à dépenser et qui, malgré un début de campagne catastrophique, continue de compter sur l’appui d’une base apparemment indéfectible de 30% d’électeurs. Il y aura beaucoup de luttes à trois, notamment en Ontario. Et dans ce contexte, il se peut bien que le trésor de guerre du premier ministre sortant ait un rôle à jouer dans ce type de courses. Car les Conservateurs peuvent à la fois combattre au national mais aussi dépenser sans compter dans les comtés où ça compte. Un avantage à ne pas négliger.

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