Après un mois de campagne, on est loin d’une vague anti-Harper dans le ROC…

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Un mois de campagne et puis quoi? Après le début de campagne catastrophique des Conservateurs, le procès Duffy qui étayait au grand jour, quotidiennement, une vaste mise en scène pour gommer un scandale de dépenses plus que honteux, malgré que Harper fasse les frais chaque jour d’une couverture toujours plus défavorable (il faut lire les journaux du ROC et y suivre, notamment, les caricaturistes souvent savoureux!), ma plus grande surprise demeure que le vote conservateur tienne bon.

Pas seulement l’appui de la dernière base de la droite réformiste, au cours des derniers jours, ce que l’on voit dans le Canada anglais, c’est un Stephen Harper qui pointe le nez au dehors de la tempête. À peine décoiffé. Le journal The Hill Times publiait en fin de semaine un portait très intéressant des appuis indéfectibles de chaque parti politique au Canada anglais tout en y greffant les « swing voters », ces électeurs qui pourraient être intéressés par l’offre politique d’un parti concurrent.

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Le journaliste et politicologue Jeff Sallot expliquait récemment que dans le contexte politique actuel, l’issue de la campagne électorale nous permettait d’entrevoir une chose, un gouvernement minoritaire. Qui? Difficile de prévoir le vainqueur quand le sort d’une élection tient à beaucoup de luttes à trois et même à quatre quand le Bloc ou les Verts sont des joueurs importants.

Là où ces luttes à finir entre trois ou quatre adversaires se tiennent, il est possible de dégager des facteurs de réussite, du moins des avantages pour l’un ou l’autre des partis. Le premier avantage? L’appui indéfectible de l’électorat (core vote en anglais); cette base sur laquelle un parti se sait pouvoir additionner. Le second avantage, le pouvoir d’attraction auprès de l’électorat rival.

D’emblée, les observateurs sont portés à additionner le vote libéral à celui des néodémocrates là où ces luttes se tiennent. Ce n’est pas si simple. C’est le propre d’un mouvement qui vise à « éviter qu’un adversaire ne gagne », le « anything but Harper » par exemple. Il est indéniable que cela aura un effet sur la campagne actuelle; il y a bien un mouvement qui vise à faciliter l’élection de tout rival qui puisse battre un Conservateur.

La contrepartie de ce « anything but Harper » dans le Canada anglais semble être un raffermissement de la base électorale plus à droite. Ainsi, le « Red Tory » devient plus Bleu que Rouge, surtout quand il lit chaque jour que Justin Trudeau pousse le PLC plus à gauche.

Autre facteur déterminant pour l’appui au parti Conservateur, l’analyse du Hill Times révèle que les éléments qui auraient dû militer en faveur d’un exode du vote des électeurs plus « mous » de ce parti ne s’est pas produit; bien au contraire. Dans la couronne de Toronto, le 905 comme on dit (le 450 de la Ville Reine), un bassin capital de sièges lors de l’élection en cours et là où Harper a consolidé sa majorité en 2011, les Conservateurs ont perdu quelques points selon un sondage ou un autre, mais pas de tendance à l’exode. Explication du Hill Times notamment à l’aune du procès Duffy:

« Overall, 46 per cent say they are less likely to vote CPC after following the Duffy trial, but many of those people were hostile to the Tories to begin with. This is good for opposition parties when it comes to mobilizing their bases, but it is of limited benefit when it comes to expanding their support.

A large majority of core and soft Conservative supporters say the trial is making no difference to them. While most Time for a Change Conservatives—the key target for the Conservative war room—are either unchanged (36 per cent) or even more likely to vote CPC (34 per cent), more than one-quarter (28 per cent) are less likely to vote CPC. So while the trial is damaging the Conservative prospects to improve their standing, it is not damaging their base. »

Fascinant que le procès Duffy, qui aurait dû faire beaucoup de dommage aux Conservateurs, n’aura finalement pas permis à leurs adversaires de gruger dans la base des Bleus, c’est plutôt l,inverse qui se produit alors que le vote pour Harper se raffermi.

Le mot que tous les adversaires des Conservateurs attendent : RÉCESSION

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Si le procès Duffy n’arrive pas à ébranler la base des Conservateurs, ce « parti de l’économie », ce qui est très discutable quand on analyse le bilan économique de ce parti, assurément que le mot « Récession » y arrivera n’est-ce pas?

Wrong again Flanders!

Ce qui est encore plus surprenant, et le mot est faible, c’est que la vaste enquête du Hill Times montre plutôt que la récession pourrait avantager les Conservateurs! En effet, le PCC de Harper est perçu comme le plus à même de mieux gérer les contrecoups d’une récession qui, de l’avis de nombreux économistes, est le fruit de la dépendance de l’économie du Canada aux ressources naturelles, le pétrole surtout, ce qui est au centre de l’offre économique du parti Conservateur.

En conclusion, ce qui se dégage de cette enquête très intéressante c’est que dans le Canada anglais, le mouvement « anything but Harper » existe bel et bien mais on est loin d’une vague qui pourrait tasser le PM sortant pour de bon. Très loin. Encore une fois, il semble bien que l’issue de la prochaine élection fera abstraction de toute vague émanant du Québec, l’appui aux Conservateurs dans le Canada anglais demeurant, pour le moment du moins, encore trop important.

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Une réflexion sur “Après un mois de campagne, on est loin d’une vague anti-Harper dans le ROC…

  1. Un élément qui ne trompe pas concernant la solidité de la base qui appuie les conservateurs, c’est le financement. Bien que je n’ai pas les chiffres précis, les conservateurs dominent largement pour le total des montants recueillis, le nombre de donateurs et le montant moyen par don.
    Le chiffre magique pour un gouvernement majoritaire est de 169 si le président de la chambre est choisi parmis l’opposition. Les conservateurs ont encore d’excellentes chances car Justin Trudeau semble performer beaucoup mieux qu’anticipé et libéraux et NPD istes se disputent la même clientèle.
    Le procès Duffy ne devrait pas laisser des séquelles. La caisse de dépôt a perdu 40 milliards et la commission Charbonneau a levé le voile sur la collusion dans la construction, cela n’a pas empêché le PLQ de reprendre le pouvoir! Et si on compare avec la commission Gomery, l’affaire Duffy ne fait tout simplement pas le poids.
    Reste la récession. Les statistiques les plus significatives sont le taux de chômage et les reprises de finance des maisons. Ces données frappent beaucoup plus l’imagination que les données sur le PIB. Je ne me souviens plus de qui est cette citation mais « une récession c’est lorsque ton voisin perd son emploi, une dépression c’est lorsque tu perds ton emploi ». Le chômage est ce qui effraie le plus les électeurs et les pires chiffres devraient apparaître après les élections.

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