Une bataille à deux au Canada avec 13 jours de campagne à faire…

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Vous voulez savoir quels sont les circonscriptions, les régions qui importent le plus pour chaque chef? Suivez leur trajet en campagne électorale! Il ne reste plus que 13 jours à cette interminable campagne électorale et la situation se précise un peu plus. Au national, le NPD semble destiné à finir en troisième place, en grande partie dû aux résultats catastrophique du NPD en Ontario. Stephen Harper a consolidé son emprise dans les province de l’ouest et espère faire des gains en Colombie-Britannique. Justin Trudeau bataillera ferme à Toronto et dans sa couronne tout en comptant sur de solides appuis dans les Maritimes et sur l’île de Montréal.

La journaliste  LAURA RYCKEWAERT du Hill Times s’est intéressée à la question des déplacements des chefs et de leurs destinations stratégiques pour les deux semaines à venir; le fruits de ses recherches est indicateur des points chauds pour chacun des chefs. Par exemple, on constate que l’espace aérien politique est très occupé au dessus de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et de … Montréal!

Car lorsqu’il est question du Québec, la métropole est importante pour tous les chefs, en plus de la ville de Québec qui demeure toujours sur le radar du chef Conservateur Stephen Harper qui y est allé 5 fois déjà depuis le début de la campagne.

La conseillère stratégique chez Summa Strategies Lyndsay Doyle (ex conseillère au parti Libéral fédéral) explique que les chefs de parti visitent habituellement des comtés qu’ils détiennent déjà, sur lesquels les chances de réélection sont excellentes. Aussi, les chefs de parti aiment visiter des régions au seine esquilles ils espèrent faire des gains, souvent des endroits essentiels à leurs chances de prendre le pouvoir.

L’Ontario, la province qui fait et défait le Premier ministre

Sans surprise, la province de l’Ontario est la plus visitée.

Stephen Harper : 34 visites (Toronto, 905, Sud-ouest et Ottawa)

« Tom » Mulcair: 28 visites (Toronto, Sud-ouest, 905)

Justin Trudeau : 33 visites (Toronto, 905)

On comprend dès lors l’importance de ce terrain électoral. La ville de Toronto et sa couronne (que l’on nomme par l’indicatif 905) comptent nombre de comtés qui sont prenables pour les deux formations politiques qui se détachent présentement, soit les Conservateurs et le PLC de Trudeau. Les derniers sondages en Ontario sont plutôt décourageants pour le NPD et l’on comprend mieux pourquoi « Tom » Mulcair annonçait ce matin que la Colombie-Britannique était un endroit clé pour lui.

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La débandade NPD en Ontario…

Les derniers chiffres combinés pointent les Libéraux à 40.9%, les Conservateurs à 36.5% et le NPD à 19.3%. En ce sens, on peut s’attendre à ce que Mulcair cible un peu plus la Colombie-Britannique et le Québec au cours des 13 derniers jours surtout que Mulcair semble bien vouloir sauver les meubles dans La Belle Province en choisissant le combat de l’opposition au Partenariat Transpacifique (PTP) qui est très impopulaire auprès des agriculteurs québécois dont beaucoup proviennent de comtés qui avaient basculé dans la vague orange en 2011.

Déjà en juillet 2015 Gilles Duceppe annonçait ses couleurs quant au PTP...
Déjà en juillet 2015 Gilles Duceppe annonçait ses couleurs quant au PTP…

Le problème pour Mulcair c’est que le chef du Bloc Québécois Gilles Duceppe fait déjà une campagne de terrain dans ces mêmes comtés depuis plus de 10 jours pour dénoncer le PTP. Pendant que le chef du NPD continuait à jaser niqab pour s’extraire des sables mouvants, Duceppe a tenu trois conférences de presse et de nombreux ralliements spécifiquement sur la question du PTP en martelant son opposition à ce partenariat.

En même temps, le chef du NPD se doit de tout faire pour augmenter son score en Colombie Britannique où il tiendra un ralliement d’importance dimanche prochain. On sait déjà que Mulcair compte faire de son opposition au PTP le fer de lance de sa fin de campagne. Hier, du sud-ouest de l’Ontario (comté d’Essex en plus de 5 autres circonscriptions dans la même journée!) et dès samedi dans l’ouest du Canada.

L’enjeu est de taille pour Mulcair car si ces appuient continuent de baisser en C-B et au Québec, il pourrait se trouver dans la fâcheuse position des Libéraux en 2011 (34 comtés sur 308), soit une relégation au lointain troisième rang ce qui assurément sonnerait le glas de père Mulcair au NPD.

Les voyages inattendus…

Robin Sears, associé principal au Earnscliffe Strategy Group et ancien conseiller du NPD sous Layton fait remarquer que l’itinéraire du chef au cours du dernier droit est très indicateur du pointage interne et des tendances que retiennent chaque parti politique. En 2011, Jack Layton avait fait ajouter nombre de destinations au Québec en fin de campagne en constatant que les chiffres y étaient exceptionnels. Cela s’est traduit par la vague que l’on a connue.

À l’inverse, il sera intéressant de voir comment Mulcair abordera le Québec, surtout en région, si le Bloc Québécois continue d’y mener avec plus de 40% des appuis. Chaque parti pointe assidûment au sein des comtés qu’ils détiennent et qui pourraient être à risque de basculer chez l’adversaire. En 2011, plusieurs sources au Bloc Québécois m’avaient indiqué que le pointage qu’ils faisaient à une semaine de la date du scrutin montrait bien que le pire scénario allait se produire. « Même Laurier-Ste-Marie! » m’avait-on dit, résigné, à l’époque.

Personnellement, je surveillerai de près l’itinéraire de Justin Trudeau. Le PLC continue de croire en ses chances notamment à Lethbridge et dans quelques comtés de Edmonton me dit-on. Aussi, Trudeau aimerait beaucoup ravir quelques sièges au NPD en C-B où de plus en plus il ravit la place du « candidat le plus apte à défaire Stephen Harper ». Pour les électeurs qui placent cet enjeu au dessus de tous les autres, voilà un argument qui pourrait bien faire gonfler les appuis au PLC devant le constat du recul constant du NPD depuis quelques semaines.

Le trésor de guerre

Fait à noter, les Conservateurs demeurent les plus riches à deux semaines du scrutin et déjà, certaines régions très disputées ont commencé à voir quelques publicités qui leur étaient spécifiquement destinées. Aussi, Stephen Harper n’a pas à se soucier de la question des fonds disponibles, les coffres conservateurs débordent et ils dépenseront sans problème la limite maximale permise pour cette longue campagne soit de plus de 54 millions de dollars selon les estimations les plus récentes d’Élections Canada.

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