Partenariat Transpacifique: les agriculteurs de l’Ouest jubilent, ceux du Québec écopent…

Au cours des dernières heures, le premier ministre de la Saskatchewan a rendu publique les nombreuses lettres de félicitations et d’appréciation de son travail dans la promotion du partenariat Transpacifique auprès du gouvernement fédéral.

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Et encore deux autres…

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On constate à la lecture de ces lettres que les agriculteurs de l’Ouest du Canada sont très contents. Manifestement ce partenariat est fait sur mesure pour une plus grande ouverture et une facilitation de l’exportation de leur production. Le Canada est un grand pays et il est évident que les intérêts des agriculteurs de l’ouest et ceux du Québec divergeaient, surtout dans les secteurs régis par la gestion de l’offre.

La relève agricole du Québec durement touchée

Plusieurs voix se sont faite entendre autours des derniers jours au Québec pour expliquer les conséquences directes, immédiates, de la mise en oeuvre du PTP pour les agriculteurs québécois dans le domaine de la production laitière par exemple, dont la majorité au Canada se trouve au Québec et dans l’est-ontarien.

L’intervention de l’agriculteur Yves Van Der Tol de Sherrington en Montérégie hier soir à l’émission L’heure du monde de Radio-Canada était très intéressante. Ce dernier expliquait que l’ouverture de 3.25% des marchés protégés par la gestion de l’offre lui couterait d’entrée de jeu 50 000$ en quotas perdus et ce pour une exploitation de 60 vaches laitières. Pire, l’agriculteur ne s’attend pas à se qualifier aux programmes de compensation proposés par le gouvernement compte tenu que ceux-ci se basent sur des volumes perdus futurs mais en fonction d’années de références antérieures.

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Le coup le plus dur demeure celui qui devra être encaissé par la relève agricole du Québec si le PTP devait être adopté. Le président de la Fédération de la relève agricole du Québec Pascal Hudon l’explique :

« Les dernières semaines ont été longues et stressantes pour la relève, et en particulier ceux et celles dans les filières du lait, des œufs et de la volaille. On est tous déçus de constater après tous ces efforts de mobilisation que le maintien intégral de la gestion de l’offre a été sacrifié au nom du libre-échange car ce sont les secteurs sous gestion de l’offre qui accueillent le plus de jeunes agriculteurs par année et qui présentent d’excellentes perspectives de viabilité. »

Ce qui est encore plus décourageant pour les agriculteurs québécois, ceux établis et la relève, c’est que ces négociations se sont déroulées dans la plus grande opacité, sans que ceux-ci ne soient jamais consultés.

Écrémés de 3,25% aujourd’hui, sacrifiés complètement demain?

En plus d’avoir été exclus complètement des pourparlers concernant le PTP, les agriculteurs québécois sont loin d’être rassurés par les échos qui viennent d’autres pays concernant les perspectives futures qui touchent leur domaine d’exploitation agricole.

Le ministre du commerce international de la Nouvelle-Zélande Tim Groser par exemple, en commentant le PTP d’une perspective des gains pour l’industrie laitière d’exportation de son pays, a offert un son de cloche très différent de celui de son homologue canadien Ed Fast qui se voulait rassurant en disant que « seulement 3,25% de la gestion de l’offre avait été consentie ».

Tim Groser évoque plutôt la libéralisation plus grande des marchés que permettra dans le futur le PTP:

« We’ve had for 50-60 years of integration of the motor vehicle industries…and we’ve just started this process on dairy, over the long-term, we’re moving in a more liberal direction on dairy products. »

Pour la Nouvelle-Zélande, inonder les marchés de leurs produits laitiers, comme le beurre, est un enjeu essentiel inhérent au PTP. En scrutant un peu, on s’aperçoit que le Canada a cédé sur la gestion de l’offre, mais pas tout le monde. Au Japon par exemple, les négociateurs ont refusé net d’ouvrir leur marché au beurre néo-zélandais, ce que les producteurs là-bas déplorent :

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Ainsi, les Américains, les Japonais, les Australiens ont pu préserver certains marchés importants de leur économie mais le Canada a dû céder sur la gestion de l’offre? À n’en point douter, le Québec aurait mieux fait de se représenter lui-même au sein de ces négociations. Dans la dynamique canadienne, les producteurs québécois protégés par la gestion de l’offre ont manifestement été sacrifiés afin de privilégier d’autres secteurs de l’économie agricole canadienne.

Malheureusement, les agriculteurs québécois ne peuvent même pas compter sur le gouvernement provincial pour les représenter et défendre leurs intérêts. le parti Libéral de Philippe Couillard se réjouit de la signature du PTP. Ça fait longtemps que les Québécois ont compris que ce gouvernement se préoccupait beaucoup plus du rapetissement, du ratatinement du Québec pour le plus grand bien du Canada. Conséquemment, les déboires des agriculteurs du Québec comptent peu à Québec, c’est « le prix à payer pour faire partie de la fédération canadienne » j’imagine…

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Une bataille à deux au Canada avec 13 jours de campagne à faire…

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Vous voulez savoir quels sont les circonscriptions, les régions qui importent le plus pour chaque chef? Suivez leur trajet en campagne électorale! Il ne reste plus que 13 jours à cette interminable campagne électorale et la situation se précise un peu plus. Au national, le NPD semble destiné à finir en troisième place, en grande partie dû aux résultats catastrophique du NPD en Ontario. Stephen Harper a consolidé son emprise dans les province de l’ouest et espère faire des gains en Colombie-Britannique. Justin Trudeau bataillera ferme à Toronto et dans sa couronne tout en comptant sur de solides appuis dans les Maritimes et sur l’île de Montréal.

La journaliste  LAURA RYCKEWAERT du Hill Times s’est intéressée à la question des déplacements des chefs et de leurs destinations stratégiques pour les deux semaines à venir; le fruits de ses recherches est indicateur des points chauds pour chacun des chefs. Par exemple, on constate que l’espace aérien politique est très occupé au dessus de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et de … Montréal!

Car lorsqu’il est question du Québec, la métropole est importante pour tous les chefs, en plus de la ville de Québec qui demeure toujours sur le radar du chef Conservateur Stephen Harper qui y est allé 5 fois déjà depuis le début de la campagne.

La conseillère stratégique chez Summa Strategies Lyndsay Doyle (ex conseillère au parti Libéral fédéral) explique que les chefs de parti visitent habituellement des comtés qu’ils détiennent déjà, sur lesquels les chances de réélection sont excellentes. Aussi, les chefs de parti aiment visiter des régions au seine esquilles ils espèrent faire des gains, souvent des endroits essentiels à leurs chances de prendre le pouvoir.

L’Ontario, la province qui fait et défait le Premier ministre

Sans surprise, la province de l’Ontario est la plus visitée.

Stephen Harper : 34 visites (Toronto, 905, Sud-ouest et Ottawa)

« Tom » Mulcair: 28 visites (Toronto, Sud-ouest, 905)

Justin Trudeau : 33 visites (Toronto, 905)

On comprend dès lors l’importance de ce terrain électoral. La ville de Toronto et sa couronne (que l’on nomme par l’indicatif 905) comptent nombre de comtés qui sont prenables pour les deux formations politiques qui se détachent présentement, soit les Conservateurs et le PLC de Trudeau. Les derniers sondages en Ontario sont plutôt décourageants pour le NPD et l’on comprend mieux pourquoi « Tom » Mulcair annonçait ce matin que la Colombie-Britannique était un endroit clé pour lui.

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La débandade NPD en Ontario…

Les derniers chiffres combinés pointent les Libéraux à 40.9%, les Conservateurs à 36.5% et le NPD à 19.3%. En ce sens, on peut s’attendre à ce que Mulcair cible un peu plus la Colombie-Britannique et le Québec au cours des 13 derniers jours surtout que Mulcair semble bien vouloir sauver les meubles dans La Belle Province en choisissant le combat de l’opposition au Partenariat Transpacifique (PTP) qui est très impopulaire auprès des agriculteurs québécois dont beaucoup proviennent de comtés qui avaient basculé dans la vague orange en 2011.

Déjà en juillet 2015 Gilles Duceppe annonçait ses couleurs quant au PTP...
Déjà en juillet 2015 Gilles Duceppe annonçait ses couleurs quant au PTP…

Le problème pour Mulcair c’est que le chef du Bloc Québécois Gilles Duceppe fait déjà une campagne de terrain dans ces mêmes comtés depuis plus de 10 jours pour dénoncer le PTP. Pendant que le chef du NPD continuait à jaser niqab pour s’extraire des sables mouvants, Duceppe a tenu trois conférences de presse et de nombreux ralliements spécifiquement sur la question du PTP en martelant son opposition à ce partenariat.

En même temps, le chef du NPD se doit de tout faire pour augmenter son score en Colombie Britannique où il tiendra un ralliement d’importance dimanche prochain. On sait déjà que Mulcair compte faire de son opposition au PTP le fer de lance de sa fin de campagne. Hier, du sud-ouest de l’Ontario (comté d’Essex en plus de 5 autres circonscriptions dans la même journée!) et dès samedi dans l’ouest du Canada.

L’enjeu est de taille pour Mulcair car si ces appuient continuent de baisser en C-B et au Québec, il pourrait se trouver dans la fâcheuse position des Libéraux en 2011 (34 comtés sur 308), soit une relégation au lointain troisième rang ce qui assurément sonnerait le glas de père Mulcair au NPD.

Les voyages inattendus…

Robin Sears, associé principal au Earnscliffe Strategy Group et ancien conseiller du NPD sous Layton fait remarquer que l’itinéraire du chef au cours du dernier droit est très indicateur du pointage interne et des tendances que retiennent chaque parti politique. En 2011, Jack Layton avait fait ajouter nombre de destinations au Québec en fin de campagne en constatant que les chiffres y étaient exceptionnels. Cela s’est traduit par la vague que l’on a connue.

À l’inverse, il sera intéressant de voir comment Mulcair abordera le Québec, surtout en région, si le Bloc Québécois continue d’y mener avec plus de 40% des appuis. Chaque parti pointe assidûment au sein des comtés qu’ils détiennent et qui pourraient être à risque de basculer chez l’adversaire. En 2011, plusieurs sources au Bloc Québécois m’avaient indiqué que le pointage qu’ils faisaient à une semaine de la date du scrutin montrait bien que le pire scénario allait se produire. « Même Laurier-Ste-Marie! » m’avait-on dit, résigné, à l’époque.

Personnellement, je surveillerai de près l’itinéraire de Justin Trudeau. Le PLC continue de croire en ses chances notamment à Lethbridge et dans quelques comtés de Edmonton me dit-on. Aussi, Trudeau aimerait beaucoup ravir quelques sièges au NPD en C-B où de plus en plus il ravit la place du « candidat le plus apte à défaire Stephen Harper ». Pour les électeurs qui placent cet enjeu au dessus de tous les autres, voilà un argument qui pourrait bien faire gonfler les appuis au PLC devant le constat du recul constant du NPD depuis quelques semaines.

Le trésor de guerre

Fait à noter, les Conservateurs demeurent les plus riches à deux semaines du scrutin et déjà, certaines régions très disputées ont commencé à voir quelques publicités qui leur étaient spécifiquement destinées. Aussi, Stephen Harper n’a pas à se soucier de la question des fonds disponibles, les coffres conservateurs débordent et ils dépenseront sans problème la limite maximale permise pour cette longue campagne soit de plus de 54 millions de dollars selon les estimations les plus récentes d’Élections Canada.

Mulcair à TLMEP, encore ce double discours…

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Hier lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle, « Tom » Mulcair est loin d’avoir fait une prestation à la Jack Layton. Angry Tom n’aura jamais le charisme du Bon Jack. Ça, nous le savions déjà.

Cependant, le chef du NPD aurait pu, une fois pour toute, jouer la carte de l’honnêteté, de la transparence, concernant l’un des dossiers les plus importants pour le Québec, le pipeline Énergie Est.

Mulcair ne l’a pas fait. Loin de là.

Soyons bien clair, encore une fois, « Tom »Mulcair a menti, il a confondu la population concernant le dossier du pipeline en répétant trois fois que ÉnergieEst « c’est non ». Jusqu’à ce que Guy A Lepage lui impose de préciser sa pensée. Encore, Mulcair a refusé de répéter ce qu’il avait dit le 6 août dernier lors du premier débat de la présente campagne électorale qui se tenait en anglais à… Edmonton en Alberta. Lors de ce débat, Mulcair a clairement appuyé le projet ÉnergieEst en le qualifiant de « gagnant-gagnant-gagnant » pour le Québec. Mulcair a bien pris soin de ne jamais répéter son « win-win-win » réservé à l’auditoire anglophone de ce débat.

Verbatim, tiré du site web du magazine Maclean's
Verbatim, tiré du site web du magazine Maclean’s

Pour mieux comprendre la valse-hésitation du NPD concernant Énergie Est, revenons en arrière… Ce que les Québécois seraient en droit de s’attendre du NPD en qui il avait placé toute sa confiance en 2011, c’est une opposition aussi vigoureuse aux pipelines au Québec par le porte-parole en matière d’énergie du NPD, le député François Choquette, que celle qu’il a manifesté pour la lutte des citoyens de la Colombie-Britannique contre le pipeline Northern Gateway. Et c’est ce double discours qui irrite un grand nombre de la population du Québec.

Choquette NPD

Encore une fois, plutôt que de s’opposer « vigoureusement » à Énergie Est, le chef du NPD y est allé de détours verbeux pour donner l’impression qu’il s’y opposait alors que dans le Rest of Canada Mulcair conditionne son appui à ce projet à une étude environnementale complète. Doit-on rappeler que l’Office national de l’énergie de qui relève ces études au Canada -et c’est sa stricte compétence- n’a jamais bloqué un projet pétrolier. Jamais.

D’ailleurs, en novembre dernier, le Bloc Québécois s’indignait à la place du NPD qu’un premier ministre d’une autre province, la Saskatchewan, sermonne le Québec parce qu’il n’approuvait pas assez rapidement le pipeline Énergie Est.

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La semaine dernière, l’alliée du NPD fédéral en Alberta, la première ministre Rachel Notley, faisait savoir de façon claire qu’elle s’attendait de son cousin fédéral qu’il appuie les projets TransMountain dans l’ouest et Énergie Est dans l’est. En ce sens, la PM albertaine accepte la dissidence sur le projet Northern Gateway mais pas celle exprimée en Ontario et au Québec sur Énergie Est.

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Voilà pourquoi le chef du NPD fédéral « Tom » Mulcair souffle le chaud et le froid dans ce dossier selon qu’il se trouve à Calgary ou à Montréal. Qu’un député d’importance de son caucus québécois exprime sa vigoureuse sympathie pour le combat mené par les citoyens de la Colombie-Britannique contre Northern Gateway est tout à fait acceptable; la même opposition vigoureuse, sans conditions, un NON net et assumé, d’un candidat québécois contre Énergie Est serait vite réprimée. Et de ce double discours, les Québécois (et les Canadiens) en ont manifestement eu assez puisque le NPD voit ses appuis fondre également au sein des deux solitudes…

Si les citoyens de la C-B peuvent dire NON aux pipelines, pourquoi pas ceux du Québec?
Si les citoyens de la C-B peuvent dire NON aux pipelines, pourquoi pas ceux du Québec?

L’incursion de Françoise David dans la campagne fédérale aura nui à son allié NPD…

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Nul ne doutera que l’incursion de Françoise David, co porte-parole de Québec solidaire, avait pour but de venir en aide à un allié politique au fédéral, le NPD, qui se trouvait malmené dans les sondages. Les appuis à Mulcair fondent comme neige au soleil, les manchettes dévastatrices s’accumulent au gré des sondages qui le sont tout autant.

C’est dans ce contexte que Françoise David, qui avait pourtant annoncer que son parti n’appuierait personne dans la campagne fédérale – ce qui n’avait berné personne car nombre de militants solidaires appuient ouvertement le NPD – est intervenue afin de tenter de se placer au dessus de la mêlée pour sommer que les partie, la population et surtout les adversaires du NPD cessent de jaser du « niqab ».

Profitant sans problème de sa tribune à Radio-Canada, cette tribune qu’on refuse aux ténors du Bloc Québécois sous prétexte que leur représentation démocratique est trop faible mais que l’on accorde à Françoise David sans problèmes et sans considérations des mêmes règles, la porte-parole solidaire sermonne: Un faux débat, une hérésie qui ne fait qu’exacerber l' »islamophobie », une diversion qui détourne l’attention du bon peuple des « vraies affaires »….

Sauf que de plus en plus de Québécois en ont plein le dos des sermons de « Soeur Supérieure Françoise » comme se plaisent à l’appeler quelques commentateurs pour railler la posture idéologique qui qualifie la nature de ses « interventions ».

« Françoise David veut calmer le jeu » titrait Radio-Canada.

Dans les faits, sa voix s’ajoutait à une pléthore d’autres de la gauche inclusive qui n’en pouvait plus de cesser de parler, de commenter la question du « niqab » pour tenter soit de réhabiliter le NPD par l’argumentaire du faux-débat, sinon pour haranguer les 93% de Québécois qui semblent-t-il seraient trop bêtes pour comprendre qu’ils sont instrumentalisés par des politiciens qui abusent de leur ignorance.

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Et voilà exactement où tout déraille pour Françoise David et ceux qui l’appuient. Et c’est Denise Bombardier qui, de façon lapidaire, l’a exprimé le mieux à mon humble avis.

« La sœur supérieure de l’Assemblée nationale, Françoise David, inspirée, on peut le penser, par le redoutable activiste Amir Khadir, a réussi cette semaine un coup fumant. À la suite d’un incident déplorable où deux adolescents imbéciles et cruels ont arraché le voile d’une musulmane enceinte de quatre mois et l’ont bousculée, la députée de Québec solidaire a d’une certaine manière forcé les autres partis à adopter cette motion dénonçant l’islamophobie au Québec. N’est-ce pas offensant de suggérer que le Québec est un pays islamophobe?
Rappelons pour mémoire qu’il y a quelques années, d’autres adolescents aussi stupides et ignorants avaient arraché les chapeaux de fourrures de juifs hassidiques à Outremont. À l’époque, aucun parti politique n’avait cru bon de dénoncer à l’Assemblée nationale l’antisémitisme du peuple québécois. Autre temps, autres lobbys. »

On doit aussi ajouter que non contente que sa motion à l’Assemblée nationale soit adoptée à l’unanimité, Françoise David -fâchée que des caquistes ou péquistes n’ait pas décidé de s’abstenir ou de s’y opposer- y est allée d’un vicieux procès d’intention envers la CAQ et le parti Québécois. Selon Soeur supérieure, ces deux partis ont appuyé sa motion sans le vouloir vraiment.

Instrumentaliser l' »islamophobie »…

Dans les heures qui ont suivi cette motion, si les parlementaires ont été pris au piège d’une instrumentalisation de l' »islamophobie » comme moyen de taire, ou de faire cesser tout débat sur la question, plusieurs voix se sont levées pour condamner cet « appel au calme » de Françoise David tout empreint de mépris.

L’Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité s’est aussi indignée de cette instrumentalisation de l’islamophobie et a vertement critiqué Françoise David :

« Les Québécois sont interpellés et souvent outrés par des pratiques soi-disant religieuses, telles que le niqab. Ils observent qu’il s’agit plus de régression et de dérives pouvant faire dérailler le projet de société qu’ils développent et font évoluer depuis des décennies, pour ne pas dire des siècles. Nous, citoyens Québécois de culture musulmane, sommes également outrés d’être associés à ces victimaires qui disent parler en notre nom. Nous sommes outrés que vous parliez en notre nom en utilisant ce mot islamophobie. En traitant les Québécois de racistes et d’islamophobes, vous les insultez et vous nous insultez, nous aussi, citoyens Québécois de culture musulmane. Merci Madame de ne plus parler en notre nom. »

Et que dire de la réponse de l’écrivaine Djemila Benhabib…

« Trop souvent ce concept-là [de l’islamophobie] est utilisé par les islamistes et les communautaristes pour attaquer les laïques en les accusant de racisme. Nous ne devons pas accépter cette escroquerie intellectuelle et céder à ce chantage de la victimisation.
Non, la critique de l’islam n’est pa de l’islamophie. Non, la dénonciation des voiles islamiques et de l’islam politique n’est pas de l’islamophobie.
Qui, au Québec, en a fait un fond de commerce et un espèce de paravent? D’une part, le Collectif québécois contre l’islamophobie (CQCI) fondé par Adil Charkaoui et Salam Elmenyawi, un chaud partisan des tribunaux islamique et d’autre part, l’Association des musulmans et arabes pour la laïcité qui n’a rien de laïque et qui est même anti-laïque puisqu’elle joue à fond la carte du communautarisme. »

Au final, « l’appel au calme » de Françoise David aura plus nui à son allié NPD qu’autre chose. Ce mépris condescendant envers les citoyens a fait son temps. Quand on y ajoute l’appui inconsidéré de la co porte-parole solidaire au liberticide projet de loi 59 des Libéraux provinciaux, on se rend bien compte que Françoise David campe solidement du côté de ceux qui, à l’instar de Trudeau et Mulcair, militent pour que ce « multiculturalisme sans limite », ce « multiculturalisme des chartes et des tribunaux » qui irrite la majorité de la population tant au Canada qu’au Québec.

La gestion de l’offre est bel et bien sur la table…

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La journaliste Kelsey Johnson, spécialiste des questions concernant l’agriculture canadienne, suit avec attention les pourparlers qui entourent les négociations sur le partenariat Trans-Pacifique (PTP). Elle vient de signer quelques textes pour le ipolitics.ca qui devraient intéresser les Québécois au plus haut point.

La gestion de l’offre est bel et bien sur la table…

Si l’on se fie aux déclarations de Gerry Ritz, ministre de l’agriculture fédéral sortant, céder une partie de la gestion de l’offre fait bel et bien partie des négociations en cours. Dans le cadre du débat national sur l’agriculture qui s’est tenu à Ottawa le 30 septembre dernier, Ritz a été mis sur la défensive par les attaques des critiques en agriculture du PLC et du NPD qui lui reprochaient d’avoir ouvert la porte à la reddition d’une partie de la gestion de l’offre.

Gerry Ritz a été forcé d’admettre :

« The prime minister has said that … if there is a loss on your farm … you will be compensated, » (Le PM l’a dit, si les fermiers subissent des à cause de cette entente ils seront compensés »

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Voilà qui va à l’encontre de la promesse qui a été faite par le Pierre Lemieux, député Conservateur sortant  de Glengarry-Prescott-Russell dans l’est-ontarien, à quelques 300 agriculteurs et producteurs laitiers fort inquiets et qui s’étaient déplacés pour rencontrer les candidats du comté.

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Les Conservateurs soufflent le chaud et le froid dans ce dossier. Fidèles à leurs habitudes nauséabondes d’opacité, il est très difficile de savoir exactement ce qu’il en est. Cependant, le ministre de l’agriculture Gerry Ritz est certainement au fait du dossier. Les négociateurs des États-Unis, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande insistent pour que le Canada cède 10% du marché des produits laitiers protégé par la gestion de l’offre. Cela pourrait avoir des effets catastrophiques au Québec auprès des plus de 25000 fermes laitières dont entre 4000 et 7000 fermes seraient menacées si le Canada cède une partie de la gestion de l’offre.

La journaliste du Devoir Manon Cornellier, lors de son intervention à l’émission Les matins d’ici au 90,7 Ottawa-Gatineau ce matin faisait remarquer que la tentation est forte de la part du gouvernement sortant de politiser ce dossier afin de faire aboutir les pourparlers avant la fin de la présente campagne électorale pour en profiter politiquement.

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Voilà qui est tout à fait déplorable. Pour les producteurs du Québec, cela pourrait vouloir dire que les Conservateurs, en pleine campagne électorale, sans consulter personne, pourrait bien céder une partie de la gestion de l’offre pour que l’entente se règle plus vite. On comprend dès lors pourquoi le chef du Bloc Québécois Gilles Duceppe multiplie les points de presse sur ce dossier essentiel.

VIDÉO: Voici ce qui coule « Tom » Mulcair jour après jour…

Je vous propose ce petit montage qui oppose Thomas Mulcair, ministre libéral au Québec à « Tom » Mulcair, le chef de la « gauche » au Canada, du moins du NPD…

Thomas vs
Thomas vs « Tom »…

Voilà un exemple probant, précis de ce qui coule Mulcair, mais surtout le NPD dans cette élection. Le chef du NPD est en constante contradiction entre son passé, même récent, de parlementaire très à droite, et les positions qu’il tente de défendre aujourd’hui. Comme ici dans le dossier du chantier naval Davie à Lévis au Québec.

« Tom » pensait-il vraiment que personne ne se souviendrait des attaques répétées de Thomas contre la Davie alors qu’il était à l’Assemblée Nationale? À répétition « Tom » implorait de laisser cours au libre-marché et de laisser cette entreprise moribonde (selon lui) faire faillite! N’allons pas croire que les employés de la Davie ne s’en souviennent pas…

Et aujourd’hui, « Tom » se présente à Lévis en accusant le ministre Steven Blaney de n’avoir rien fait pour aider à dynamiser ce chantier naval!

On ajoutera le chantier naval Davie à la longue liste des contradictions qui ont miné complètement la crédibilité du chef du NPD…

Le salut électoral des Conservateurs ne passera pas par le Québec…

Au cours des derniers jours, on a fait grand cas de la descente vertigineuse du NPD dans les sondages, tant dans le Canada anglais qu’au Québec. Conséquemment, les autres partis ont tous bénéficié au moins un peu de ce mouvement dans l’électorat. Cependant, quand on regarde les données au Québec une semaine après les plus dévastateurs des sondages pour le NPD (un autre est attendu dans les prochaines heures au Québec dont on dit qu’il confirmera la tendance baissière du NPD), on constate que les Conservateurs ne sont pas ceux qui font le plein d’électeurs néodémocrates déçus.

Déserter le NPD ne provoque pas de vague Harper au Québec

Les modèles de sondages au Québec pointent vers une dizaine de sièges Conservateurs au Québec
Les modèles de sondages au Québec pointent vers une dizaine de sièges Conservateurs au Québec

Ce que l’on remarque en consultant l’agrégateur de sondage (Poll tracker) de la CBC c’est que les gains planchers (la base des appuis) des Conservateurs proviennent des Prairies. Cependant, quand on regarde le plafond (le plus de sièges possibles) c’est surtout en Ontario que les Conservateurs ont tout à gagner. Parions que Stephen Harper passera pas mal de temps dans cette province, lui qui pourrait ajouter entre 20 et 35 sièges en fonction de luttes régionales très serrées.

Au Québec, les modèles de prédiction de sièges n’accordent qu’une douzaine de sièges au maximum aux Conservateurs sur les 78 comtés disponibles. 12 sièges sur 338, manifestement, le salut électoral des Conservateurs ne passera pas par le Québec. Depuis 2006, le Québec s’est distingué en ce qu’il n’a jamais contribué significativement à l’élection des Conservateurs.

Des sondages quasi-quotidiens… 

À 19 jours des élections, la population peut s’attendre à être bombardée de sondages nationaux et régionaux pratiquement chaque jours. Plus de sondages ne rime pas nécessairement avec plus de qualité ou de précision dans les intentions de vote; loin de là. Aujourd’hui, c’est la publication du Forum Research dans le Toronto Star. L’échantillon est modeste nationalement (1499) et non significatif au Québec (319). Tout de même, on remarque la hausse notable des appuis envers le Bloc Québécois en débit d’absence de représentation régionale. Le Bloc pointait systématiquement à zéro dans ce type de sondages où l’intention de vote régional est sous-représenté. Cette fois le sondage crédite six sièges à la formation de Gilles Duceppe.

Sans représentation régionale, le dernier Forum Research crédite tout de même 6 sièges au Bloc Québécois
Sans représentation régionale, le dernier Forum Research crédite tout de même 6 sièges au Bloc Québécois

Donnée inquiétante pour le NPD qui se répercute de sondages en sondages, les électeurs qui s’affichent « néodémocrates » sont les plus enclins à changer leur vote. À l’opposé du spectre, et cela se confirme aussi depuis le début de la campagne, les électeurs Conservateurs sont les plus attachés à leur formation politique. Dans le contexte de luttes serrées, il s’agit d’un avantage non-négligeable pour la formation du PM sortant.

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Pour le président, fondateur de Forum Research Lorne Bozinoff, le seul qui a vu ses appuis augmenter de façon significative suite à la question du niqab demeure Stephen Harper. L’analyste admet que la position ferme défendue dans le Canada anglais par le chef Conservateur trouve écho auprès de la population canadienne qui, en forte majorité (près de 70%) penche plutôt vers la proposition des Conservateurs. Le plus faible échantillon spécifique au Québec ne permet pas d’analyse probante sur la question.

La gestion de l’offre, épine aux pieds des Conservateurs au Québec?

Sur le radar des Conservateurs au Québec, la question du partenariat Asie-Pacifique et surtout sa composante de la gestion de l’offre. Cette question pourrait bien faire beaucoup de bruit au Québec. Le problème pour Harper demeure que pour permettre plus d’accès aux producteurs de l’ouest du pays à ces marchés lucratifs, les négociateurs veulent en échange s’attaquer à la gestion de l’offre, le moyen par lequel les producteurs de lait, de poulets, de dindons, d’oeufs de consommation et d’œufs d’incubation établissent le meilleur équilibre possible entre l’offre et la demande de leurs produits au Québec et au Canada.

Au Québec on parle de plus 4000 fermes qui pourraient être menacées si on abolit la gestion de l’offre, des milliers d’emplois sont en jeu. Mais ce qui irrite encore plus les intervenants dans ce dossier, c’est la culture de secret que cultive le parti Conservateur concernant les négociations. Une autre preuve -en a-t-on encore besoin!- de l’opacité et de l’absence de transparence qui dicte la conduite de la gouvernance sous les Conservateurs car depuis le début de ces négociations, le parti de Stephen Harper a refusé de consulter l’opposition et demeure muet sur les négociations. La journaliste Susan Delacourt signe un texte pertinent qui dénonce l’opacité imposée par Harper dans ce dossier.

On remarquera que le Bloc Québécois, et son chef Gilles Duceppe, suivent ce dossier de près. Duceppe traitera de la gestion de l’offre lors de son point de presse quotidien pour une deuxième journée de suite.

La revanche du « niqab »…

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Combien de fois avez-vous lu sur facebook, sur twitter, certains de vos contacts qui se désolaient que l’on n’accorde autant d’importance au « niqab » en campagne électorale au détriment de 100 autres sujets plus importants.

Franchement! le niqab! Pas rapport de parler de ça. Une machination de Harper (ce qui est vrai), pour attiser la division. Ceux qui s’attardent à ça sont des « identitaires xénophobes », des « nationalistes de droite Harper-Bloc », etc.

Et ainsi de suite. Combien d’ardents militants du NPD ai-je vu sacrer, rager, se désoler de voir ainsi leur chef Mulcair péricliter dans les sondages et tout ça « uniquement à cause du niqab » à les entendre… Qu’un politicien opportuniste de droite investisse un parti de gauche à coup de mensonges et de contradictions n’aurait rien à y voir apparemment.

Par la plus ridicule des contradictions, que voit-on depuis trois ou quatre jours? Que constate-t-on au cours des dernières heures plus particulièrement? Ceux-là même qui se lamentaient qu’on ose même évoquer le dossier du niqab sont ceux qui ne peuvent plus s’empêcher d’en parler. Non. Les statuts pleuvent, toute la gauche bien-pensante qui s’indignait à l’évocation même du mot ne peut plus s’empêcher d’en parler.

Chacun pond sont statut pour dire son mépris de ceux qui ont osé « instrumentaliser le niqab ». Ah. C’est drôle, mais au cours des derniers jours, si on jase niqab, c’est beaucoup plus à cause du NPD qui se disloque sur la question au prix de dissidences qui s’expriment, de candidats qui contredisent leur chef. Si on jase encore niqab, c’est aussi beaucoup parce que le chef Mulcair fait tout pour sauver la face -et les meubles- et qu’il tient absolument à en discuter dès qu’on lui tend un micro, afin de « préciser sa position ».

Ça tombe juste bien d’ailleurs que cette « précision » de Mulcair sur la question s’insère dans le bloc nouvelle de la radio d’état qui prend bien soin de rappeler à la populace qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter… « Seulement deux femmes ». Un faux-débat voyons.

Un faux-débat que l’on étire depuis 4 jours. Car selon ceux qui se sont tant désolés que leur chef « périsse à cause du niqab », la meilleure façon de le réhabiliter serait de « ré-insrtrumentaliser » le débat sur le niqab mais du point de vue du nombre.

« Seulement deux femmes ».

Comme il n’y aurait que deux cas recensés de femmes qui ont refusé de retirer leur niqab lors d’une cérémonie de citoyenneté, la meilleure façon de réparer les pots cassés c’est d’étirer la sauce pour montrer aux méchants imbéciles heureux qui sont tombés dans le panneau de déserter leur chef que « youuuuhouuuu! ça n’avait pas rapport finalement! On efface tout! »

Souvent, ce sont les mêmes qui discartent d’emblée le Bloc Québécois car les « indépendantistes refusent de se questionner, de procéder à une sérieuse introspection ». Jamais cependant ceux-ci n’admettront que si leur chef est en chute libre c’est avant tout une question de crédibilité dans laquelle le niqab a joué un rôle, certes, mais qui s’ajoutait au reste. Comment un politicien pouvait-il s’imaginer que mentir autant en pleine campagne électorale pourrait passer inaperçu?

Admettre ça? Jamais!

Plutôt l’argumentaire kafkaïen du nombre. Y’en a que deux. Une simple façon de s’habiller. Qui sommes-nous pour juger de ce qu’une femme porte. Ça te dérange le niqab? T’es un identitaire xénophobe!

Christian Dufour (qu’on peut difficilement qualifier de sympathisants bloquiste) du Journal de Montréal a servi un jab à ceux qui souhaitent tout expliquer par l’argument du nombre en évacuant complètement le symbole…

« Les conservateurs ont réussi quelque chose de fort et d’important dans cette affaire. Quelque chose qui n’est pas qu’une distraction par rapport aux vrais enjeux intéressant les Canadiens, car cela touche au cœur de leur identité et de leurs valeurs.

Stephen Harper vous a obligé à reconnaître que vous vous refusiez à mettre quelque limite que ce soit au multiculturalisme canadien, même quand ce dernier offense le bon sens le plus élémentaire. Car faut-il vous rappeler, M. Mulcair, qu’il est question ici d’une CÉRÉMONIE citoyenne canadienne?

Comme M. Trudeau, vous ne nous parlez ici que de tolérance, de droits individuels et de charte; vous semblez adhérer à l’idée que le multiculturalisme à la canadienne serait littéralement sans limites.

Symbole d’obscurantisme

Lors d’un événement essentiellement symbolique, vous acceptez que le Canada s’incline devant ce symbole d’obscurantisme qu’est le niqab.

À qui ferez-vous croire que tenir à rester intégralement voilé lors de la cérémonie où on devient Canadien est un droit fondamental et non pas un caprice identitaire, une provocation irrespectueuse des valeurs canadiennes et québécoises les plus profondes? »

Car chaque fois, ceux qui veulent « ré-instrumentaliser » le débat sur le niqab à partir de l’argumentaire en fonction d’un contexte et du nombre très précis refuseront (ou n’admettront pas) de discuter de la symbolique du niqab. Non. Qu’une façon de s’habiller. Pas de nos affaires.

Christian Dufour voit juste; un tel raisonnement heurte avant tout car c’est l’admission que le multiculturalisme à la canadienne selon ces gens est sans limites. Aucune. Et c’est ici que ce débat devient essentiel. Tant qu’à jaser niqab, autant le faire sur le fond. Que le NPD et les Libéraux nous expliquent pourquoi leur conception du multiculturalisme est sans limite. Je l’ai écrit ici, Boulerice et Mourani, lors d’entrevues sur le sujet, ne convaincront personne par leur argumentaire fondé essentiellement sur le « vêtement ».

À cet argument, le pourfendeur d’intégristes religieux Tarek Fatah offre une réponse cinglante: « Le niqab est l’étendard de l’islamisme« . Texte écrit en mars dernier alors que le Canada anglais se questionnait sur la question du niqab justement. Fatah a des mots très durs pour ces politiciens qui se font défenseurs du niqab.

« Trudeau’s recent championing of the niqab as a basic human right has aided Islamism in Canada and undermined millions of liberal Muslims around the world. » (En se faisant grand défenseur du niqab, Justin Trudeau encourage l’islamisme au Canada et unit à des millions de musulmans modérés dans le monde).

Fatah explique que sa propre mère s’est débarrassée du niqab en 1946 au prix d’une lutte difficile, déchirante.

Raheel Raza, présidente du Council for muslims facing tomorrow, musulmane modérée et féministe abonde dans le même sens. Elle se désole de voir qu’au Canada, de plus en plus de femme s’emmurent dans ces prisons de tissu que sont niqab.

« In the 25 years I have called Canada home, I have seen a steady rise of Muslim women being strangled in the pernicious black tent that is passed off to naïve and guilt-ridden white, mainstream Canadians as an essential Islamic practice.

The niqab and burka have nothing to do with Islam.

They’re the political flags of the Muslim Brotherhood, ISIS, the Taliban, al-Qaida and Saudi Arabia. »

Ah. L’Arabie Saoudite. Notre allié, tel que le mentionnait Harper lors du débat en français lorsque pressé de questions par Gilles Duceppe sur l’indécence des contrats d’armement qui lient le Canada à cet état pétrolifère barbare. En ça, le jeu de Harper est hypocrite. S’il s’inquiétait autant du sort des femmes qui portent le niqab, il ne ferait pas des Saoudiens des alliés.

Voilà pourquoi l’argument du nombre et du contexte très restreint, « ré-instrumentalisé » par ceux qui tentent uniquement de sauver la face, et sauver la mise pour le parti qu’ils défendent, ne tient pas la route. Le prochain gouvernement aura à légiférer sur ces délicates questions. La Cour suprême sera presque assurément saisie elle aussi de ce dossier. N’est-il pas, dès lors, pertinent de connaître les positions de chacun des partis, des chefs, de leurs candidats, sur la portée du multiculturalisme?Doit-il être sans limite? Dans cette logique donc, le niqab ne serait qu’un simple morceau de tissu, un vêtement banal?  Si c’est le cas, que les chefs Mulcair et Trudeau le disent franchement. La population pourra au moins savoir à quoi s’attendre d’eux quand cette question sera encore débattue. De débattre, sur le fond, sur la nature, la pertinence du multiculturalisme canadien, voilà la dernière chose dont les militants du NPD de Mulcair au Québec aimeraient parler.

Plutôt confondre et réduire le tout au plus petit dénominateur sémantique possible, un tout petit chiffre sans importance : deux.

La colère de la « gauche inclusive »…

Le très
Le très « inclusif » Jean Barbe a décidé d’exclure tous les bloquistes présumés de son fil Facebook…

Au cours des dernières heures, sur les réseaux sociaux, certaines voix qui se réclament de la gauche « inclusive » laissent paraître leur colère devant l’affaissement des appuis du NPD dans le Canada anglais et plus spécifiquement au Québec.

Un échange hallucinant entre le militant indépendantiste Carl Boileau et le chroniqueur « inclusif » Jean Barbe, qui en appelle à voter NPD, s’est terminé abruptement. Un échange pourtant corsé, mais respectueux. Boileau en appelle à voter Bloc Québécois, Barbe réplique que c’est à cause des « méchants nationalistes identitaires » du Bloc que le NPD coule, racistes, xénophobes, niqab, etc. La poutine de fort mauvais goût habituelle quoi.

Je côtoie nombre de militants « inclusifs » sur les réseaux sociaux et on sent bien la colère qui les animent devant les déboires du NPD. On le comprendra. Là où le bât blesse, c’est que à l’unanimité, ces derniers accusent le niqab, le Bloc Québécois, les Conservateurs, les « nationalistes identitaires xénophobes » pour la chute de Mulcair dans les sondages et sa campagne qui déraille complètement.

Rétropédalons.

Mulcair a amorcé sa descente dans le Canada-anglais bien avant que le niqab s’invite dans la campagne. J’ai beaucoup écrit sur les erreurs de Mulcair que l’on a beaucoup rapporté dans les médias du Rest of Canada. Quand un chef de parti national se pointe à Vancouver devant les médias régionaux et nationaux et clame devant une foule médusée que la ville la plus importante du Canada c’est Toronto; difficile de blâmer les autres quand le lendemain, le chef se fait planter. Voilà une erreur de novice quand on connaît la susceptibilité des gens de l’ouest concernant l’influence trop grande dans le Canada des villes de l’est du pays.

De la même façon, difficile de blâmer les autres quand le passé très contradictoire de Mulcair est coulé aux médias pour l’embêter par des adversaires politique que le chef du NPD s’est fait parmi son ancienne formation politique. Plus d’une fois d’anciens collègues de Mulcair au parti Libéral du Québec ont tenu à corriger les mensonges ou contradictions avancées par le chef du NPD sur son passage de ministre au sein du PLQ. Mulcair a menti sur son rôle dans le dossier Orford, sur son appui à la privatisation de l’eau, sur sa participation au love-in lors du référendum de 1995. Chaque fois, d’anciens alliés l’ont contredit, preuves à l’appui.

Difficile de blâmer les autres quand Mulcair est placé devant ses contradictions des positions de son parti concernant les pipelines. Les médias se sont penchés sur ses discours passés et présents et en conclu que le chef du NPD disait une chose et son contraire en fonction de l’électorat qu’il courtisait.

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Avant de blâmer les « Bloquistes xénophobes », la gauche inclusive devrait lire un peu ce que l’on dit de la campagne de « Tom » Mulcair dans le Canada anglais. La position du NPD sur le multiculturalisme a nui au parti en ce qu’elle est en profond décalage avec l’opinion des Canadiens et des Québécois, pas de doute.

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Mais quand on lit le texte dur, lucide, du chroniqueur Lawrence Martin dans le Globe & Mail qui annonce que les carottes sont cuites pour le NPD dans cette course à trois, ce n’est pas le « niqab » qui explique seul la déconfiture du NPD. Loin s’en faut.

Pas de niqab dans son analyse… Ou si peu.

« No guts, no glory, the old saying goes. You gotta takes risks. Sit on a lead in the third period, watch the lead disappear.

Same thing in politics, as Thomas Mulcair and the NDP are learning now.

They’ve been serving up Pablum. Almost 70 per cent of voters say they want change. But on economic policy, the Orange Wave has come at them waving white handkerchiefs, surrendering to the mushy middle.

With victory in sight, they got cold feet. The party that once promised an overhaul of the capitalist system brought in an economic playbook that might well be titled, “Let’s Scale The Smallest Mountains.”

Reading it is like watching toenails grow. Stay the course on Conservative budgeting; no big stimulus package; raise the minimum wage for only a minimal portion of the population; no new taxes on the sumptuously rich. »

Ce qui a coulé le NPD selon Martin? Son absence complète d’audace, le fait que Mulcair a abandonné complètement le fondement progressiste du parti pour se positionner dans le « marasme du centre », sans ambition. « Il a joué la trappe et a vu son avance fondre jusqu’à la défaite ».

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Le NPD vient-il de bousiller sa plus belle chance de prendre le pouvoir au fédéral depuis sa fondation?

Dans un autre texte percutant cette fois de l’analyste politique Greg Lyle, encore une fois peu de niqab pour expliquer la déconfiture du NPD de « Tom » Mulcair. Encore une fois, l’analyste pointe plutôt vers la traversin idéologique opérée par Mulcair au NPD.

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Ce passage de Lyle est percutant :

« The Trudeau Liberals are doing to Tom Mulcair what the Wynne Liberals in Ontario did to Andrea Horwath: gaining ground among people who share left and centre-left values.The Liberals have gained seven points among the Core Left, 11 points among Left Liberals and seven points among Business Liberals. This makes a lot of sense when you think about what the Liberals have been saying on issues like deficit, stimulus and immediate increases in social programs. »

Ah? Pas de niqab ici. D’où vient la saignée du NPD dans les sondages et dans leurs appuis avoués? Là où ça compte le plus, au sein de segment de l’électorat habituellement conquis par le NPD, plus à gauche. Pourtant, dès le début de la campagne, des militants néodémocrates influents comme Janice MacKinnon, docteur et professeur en politiques publiques de l’Université de la Saskatchewan et ex ministre NPD dans sa province dans le gouvernement de Roy Romanow ont mis en garde le chef Mulcair de ne pas s’aliéner sa base militante de gauche…

Voilà le type d’introspection que la « gauche inclusive » refuse obstinément de faire. Plus facile de blâmer les autres, plus facile de blâmer le niqab. Il faisait pourtant encore plus de 33 degrés en aout quand les médias ont commencé à se moquer, à critiquer le virage à droite que Mulcair imposait au NPD. À Toronto, dès lors on a questionné ce repositionnement idéologique surprenant. Plus la campagne avançait, plus on s,est intéressé aux propositions du NPD; en économie notamment où Mulcair a décidé de proposer un plan qui se rapprochait beaucoup plus des positions des Conservateurs que de la tradition néodémocrate.

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Les médias du Canada-anglais ont fait leurs choux gras du rififi entre Mulcair et sa candidate vedette dans Toronto-Centre, la progressiste journaliste Linda McQuaig que le chef a dû ramener à l’ordre chaque fois qu’elle a osé défendre des positions traditionnelles du NPD qui figuraient dans la plateforme électorale de ce parti quand il était mené par Jack Layton. On parle ici de hausser l’imposition des plus riches et de ralentir la production (voire même un moratoire) sur l’exploitation des sables bitumineux pour permettre au Canada de respecter ses engagements en matière de lutte aux changements climatiques. Chaque fois le chef Mulcair a imposer à sa candidate de se rétracter.

Le NPD continue d'appuyer un candidat aux positions très controversées, contre le mariage gay, contre l'avortement...
Le NPD continue d’appuyer un candidat aux positions très controversées, contre le mariage gay, contre l’avortement…

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La gauche inclusive a été fort silencieuse quand les médias nationaux ont rapporté que le NPD s’accommodait des positions rétrogrades d’un « pasteur catholique de la communauté Tamil » anti mariage du même sexe, anti avortement, et dont l’opinion sur les gay est condamnable, au mieux. Est-ce parce que ce « pasteur » est très influent au sein de sa collectivité? Le NPD a réitéré son appui à ce candidat gênant. Dire que ce candidat use de l’image de Jack Layton dans sa publicité de campagne…

Bref, la « gauche inclusive » peut bien blâmer tout le monde et surtout sa cible favorite, les indépendantistes qui sont restés fidèles au Bloc Québécois, et pourtant l’artisan premier de la déconfiture à laquelle on assiste présentement au NPD demeure le NPD lui-même et au premier rang son chef. Dommage que l’on doive se tourner vers les médias anglophones pour trouver des analyses lucides de la situation.

Pas facile cependant pour des gens qui se disent de « gauche » d’admettre que le parti qu’ils appuient est, selon toute vraisemblance, conduit à la défaite par un politicien opportuniste de droite avec qui ils n’ont de commun que l’appui inconditionnel à l’application la plus radicale du multiculturalisme canadien; lui même en décalage avec l’écrasante majorité des Canadiens et des Québécois…

Le fantôme de Jack Layton pour sauver le NPD de « Tom »…

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Mulcair devrait avoir honte de ressortir le souvenir de Jack Layton dans ses pubs partisanes…

Quand la journaliste et écrivaine et candidate vedette du NPD dans Toronto-Centre Linda McQuaig a défendu un des éléments phares du programme du NPD mené par Jack Layton, soit la hausse de l’imposition des plus riches, Mulcair, en colère, a imposé à sa candidate de se rétracter.

Le NPD de Mulcair n’est pas celui de Layton.

Quand la même candidate McQuaig a défendu une autre proposition chère à Jack Layton et inscrite dans le programme électoral du NPD qu’il dirigeait , soit le ralentissement, voire même un moratoire, sur l’exploitation des sables bitumineux afin de permettre au Canada de répondre à ses exigences de lutte aux changements climatiques; encore, Mulcair a exigé que la candidate se rétracte.

Le NPD de Mulcair ne serait définitivement pas celui de Jack Layton.

Le NPD continue d'appuyer un candidat aux positions très controversées, contre le mariage gay, contre l'avortement...
Le NPD continue d’appuyer un candidat aux positions très controversées, contre le mariage gay, contre l’avortement…

Quand un pasteur de la région de Toronto et candidat du NPD, le Rev. K.M. Shanthikumar, dont les prêches condamnent le mariage du même sexe, l’avortement et dont les opinions anti-gay sont connues, a décidé de faire usage de l’image de Jack Layton en pub partisane, le chef Mulcair est-il intervenu?

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Qu’un tel « pasteur chrétien » aux idées de la droite réactionnaire tente de se faire élire à l’ombre de la mémoire et de l’image de Jack Layton a quelque chose de dérangeant.

Voilà où en est le NPD de « Tom » Mulcair.

Après avoir imposé le silence aux candidats du NPD qui osaient critiquer les agissements d’Israël à Gaza l’an dernier, après avoir imposé le silence aux candidats qui défendaient des idées longuement associées au parti de Jack Layton, voilà maintenant que Mulcair lui-même ramène le fantôme de Jack Layton.

Voilà qui fera sourciller (sinon enrager) quelques militants et candidats qui doivent s’ennuyer de Jack Layton justement quand on leur impose, par exemple, de défendre le « win-win-win » de Énergie Est au Québec…

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Mais le NPD de Mulcair s’enlise, il cale. Dans les cercles politiques des analystes du ROC on commence déjà à se demander si le NPD n’a pas rater sa plus belle chance depuis sa fondation de prendre le pouvoir. Dans un campagne plus conventionnelle de 37 jours, Mulcair aurait été en meilleure posture; mais plus le jours avancent, plus le chef du NPD est placé devant ses contradictions, ses mensonges. Ses adversaires en profitent pour tailler en pièces sa crédibilité de chef qui puisse aspirer au rang de premier ministre.

Ramener la mémoire de Jack Layton à ce stade ci n’y changera rien. Le mal est fait. Mulcair s’est employé à recentrer le NPD jusqu’à le positionner à droite des libéraux de Trudeau, une erreur coûteuse. Le chef du NPD traîne déjà l’image d’un politicien qui dit une chose et son contraire, il est trop tard maintenant pour revenir à l’essentiel des propositions du NPD qu’incarnait l’ancien chef. Et tenter de coller l’image de Layton au NPD de Mulcair ne risque d’empirer les choses…