Il n’y aura jamais de purgatoire assez long au Québec pour le parti Libéral du Canada…

"Just watch me" phrase méprisante reprise par le père et le fils...
« Just watch me » phrase méprisante reprise par le père et le fils…

À quelques jours du vote, il semble bien que Justin Trudeau soit le grand récipiendaire de tous les appuis de ceux qui se sont donnés comme mission de remplacer Stephen Harper coute que coute… notamment dans les milieux institutionnel et médiatique.

On comprendra la confrérie journalistique de la colline parlementaire à Ottawa de ne pas faire de cadeau à Stephen Harper, ce premier ministre pour qui la presse non complaisante a toujours été une « ennemie », suspecte, indésirable. On comprendra les scientifiques, les fonctionnaires, les anciens combattants notamment de faire campagne contre un premier ministre qui a bafoué les règles les plus élémentaires de la transparence, qui a muselé les scientifiques, qui a trahi les anciens combattants, qui s’est employé à charcuter la fonction publique jusqu’à peau de chagrin…

Harper en paie le prix au cours de la présente campagne. Avec moins d’une semaine à faire, tout sera mis en oeuvre par les gens mentionnés plus haut pour que Harper soit défait.

Ce sera Trudeau.

Même au Québec, on fera tout pour redorer le blason de « Justin ». Il ne reste que quelques jours, le feu est pris, pas le temps de niaiser, la seule chose qui compte c’est de chasser Harper. Attendez-vous à un habile glissement de l’argumentaire « votez NPD pour défaire Harper »… mais cette fois en substituant le nom de « Tom » par celui de « Justin ».

On pouvait bien courtiser les nationalistes, les indépendantistes, sous le parapluie du NPD mené par le bon Jack… Hey! Le NPD acceptait de reconnaître le droit aux Québécois de la règle la plus élémentaire en démocratie; le 50% + 1.

Sont fins.

Mais y’a toujours bin des ostifies de limites à essayer de faire passer le parti Libéral du Canada pour des alliés potentiels des nationalistes, ou même des Québécois en général.

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« Oui mais c’est loin ça les Commandites! »

« Le parti Libéral du Canada a payé assez cher sa crosse des Commandites! »

Je m’excuse, mais jamais un Québécois qui se respecte ne devrait même considérer une seule seconde appuyer le parti Libéral du Canada. Jamais.

Il n’existe pas de purgatoire assez long au Québec pour le parti Libéral.

Nous sommes encore trop contemporains de tout le mal qu’ait fait ce parti politique au Québec pour bien mesurer l’ampleur de ce que ces fossoyeurs de la démocratie ont volé aux Québécois.

Le parti Libéral du Canada, une longue histoire de mépris envers le Québec

Je laisse le soin à l’avocat Guy Bertrand de recenser tout le mal que le parti Libéral du Canada a fait au Québec. Tout ceci est tiré de sa page facebook:

1969 : Expropriation illégale et illégitime de 97 000 acres de terrain à Mirabel à des fins aéroportuaires, alors que la moyenne mondiale était de 5000 acres environ;

1970: Application de la Loi sur les mesures de guerre au lieu du code criminel pour justifier la suspension des droits fondamentaux des québécois;

1975: Décret interdisant aux gens de l’air francophones (contrôleurs et pilotes) de parler français entre eux sur le territoire québécois;

1980: Promesse fallacieuse à l’effet qu’un NON à la question référendaire voudrait dire un OUI à un changement constitutionnel;

1981: La nuit des longs couteaux où le gouvernement fédéral et la majorité des provinces se sont entendus pour trahir la parole donnée au premier ministre René Lévesque;

1982: Rapatriement unilatéral de la constitution contre le volonté de l’Assemblée nationale et imposition du multiculturalisme comme modèle d’intégration des immigrants;

1995: Dépenses frauduleuses du camp du NON lors du référendum et serment de citoyenneté accéléré en faveur de milliers d’immigrants;

1997: « Stratagème fédéral visant l’utilisation de fonds publics pour financer diverses opérations de relations publiques pour contrecarrer les actions du Parti québécois »;

2000 : Loi sur la clarté portant sur les conditions de « clarté » préalables à toute négociation advenant un OUI lors d’un prochain référendum; 

2005: Éclatement du scandale des commandites où le montant de fonds publics investis par le fédéral est évalué 332 millions environ;

2005: Premier rapport du juge Gomery démontrant que le programme des commandites a servi à alimenter un système complexe de pot-de-vin profitant au Parti libéral;

2015: Campagne électorale où Justin Trudeau n’a jamais reconnu les préjudices graves que les gouvernements du Parti libéral ont fait subir à la nation québécoise;

2015 : Le 19 octobre, les québécois majoritairement se souviendront qu’ils ne peuvent faire confiance au Parti libéral de Justin Trudeau qui les a tellement trahis dans le passé.

Non, le 19 octobre Justin Trudeau ne deviendra pas, subitement, un allié des Québécois même si aujourd’hui, exceptionnellement, il a substitué le mot « séparatiste » par celui de « souverainiste » afin de se présenter comme plus modéré envers ceux qui ont permis la vague orange dans le passé.

Ne soyons pas dupe.

Gouvernement minoritaire en vue; la pertinence du Bloc Québécois, l’importance du vote des jeunes…

Presque impossible de prédire le résultat de la prochaine élection...
Presque impossible de prédire le résultat de la prochaine élection…

Il ne reste plus qu’une semaine avant la fin de la campagne électorale et rien n’est réglé. Je l’ai beaucoup écrit ici, cette élection est un cauchemar pour les sondeurs et il serait périlleux de baser toute analyse uniquement sur les sondages bien que ceux-ci puissent nous informer de grandes tendances.

En 2011, à une semaine du vote, Jack Layton était fort populaire et Micheal Ignatieff se trouvait en constante dépréciation chez les électeurs. Cette fois-ci, l’inverse semble se produire alors que « Tom » Mulcair tire le NPD vers le bas alors que Trudeau semble bien bénéficier des déboires du chef néodémocrate. Il s’agit là de tendances lourdes, de mouvements qu’il est assez difficile de contester. Le vote Conservateur demeure solide, sa base étant la plus fidèle et la moins encline à déserter son choix numéro un. Du côté du Bloc Québécois, difficile de nier que Gilles Duceppe mène une bonne campagne et quand les sondeurs ont tenu compte des réalités régionales, tout indique que le Bloc est bien positionné pour reprendre son statut de formation officielle à la Chambre des Communes.

Voilà pour les tendances plus générales.

Un gouvernement minoritaire

Sachant cela, quels sont les scénarios les plus plausibles au lendemain du 19 octobre? Un gouvernement minoritaire à Ottawa, voilà qui est acquis. Aucune formation en ce moment ne s’approche des 170 sièges requis afin de former un gouvernement majoritaire. Même pas proche.

Des députés sortants en danger

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Une variable dont on parle moins cependant, le fait que près d’une quarantaine de députés sortants se trouvent en situation précaires dans des comtés qui ont été remportés par moins de 5% des voix (40 sur 52 de ces comtés). Au Québec, on parle d’une demi-douzaine de Néodémocrates notamment. L’élection en cours a ceci de particulier qu’il y a nombre de courses très serrées qui pourraient avoir une incidence déterminante sur le résultat. On pourrait à la fois avoir la surprise d’une minorité forte (PLC ou PCC) ou même de trois partis à moins de 20-25 sièges les un des autres. Tout dépendra du résultats de nombre de luttes serrées, surtout en Ontario bien que la Colombie-Britannique et le Québec soient aussi à surveiller. S’il fallait que le NPD s’effondre dans l’une de ces deux provinces (et même en Ontario, si ce n’est déjà fait), cela influencerait le vote de diverses façons.

Comment? En Colombie-Britannique, il y aura quelques luttes serrées où la division du vote pourrait bénéficier aux Conservateurs dont les appuis risquent moins de chuter. Aussi, loin de se rapprocher, Libéraux et Néodémocrates continuent de se livrer de rudes batailles ce qui empêche de fédérer le vote « tout sauf Harper ». Au Québec, il y aura aussi des luttes à trois et même à quatre là où le vote NPD qui s’étiole bénéficiera à plus d’un parti. Les couronnes de Montréal sont à prendre, il y aura là des luttes intéressantes. En région, le Bloc Québécois devrait remporter quelques sièges là où Libéraux et Conservateurs comptent moins d’appuis.

Le Bloc Québécois et le scénario du gouvernement minoritaire

Comme les prochain gouvernement sera presque assurément minoritaire, il est intéressant de rappeler que dans ce contexte, la représentation régionale au parlement fédéral peut être des plus avantageuses, surtout pour le Québec. Et pourtant, on entend presque jamais les chroniqueurs du Québec se prononcer sur le rôle que pourraient jouer, en contexte de gouvernement minoritaire, les députés du Bloc Québécois qui seront élus. Car il y en aura.

Serait-ce que l’on préfère ne pas trop en parler? Je m’étonne, par exemple, de lire le texte de Vincent Marissal sur les scénarios possibles sans que ne soit mentionner une seule fois le Bloc Québécois. Pas un mot. Pourtant, il se pourrait bien que le prochain gouvernement soit très attentif aux revendications du Bloc Québécois sur certains dossiers très spécifiques si jamais la minorité le requiert. Difficile d’éviter complètement un groupe de 20-30 députés en contexte minoritaire.

Ce scénario de 20-30 députés bloquistes à Ottawa, pertinents en contexte minoritaire, et défendant en tout temps les revendications divergentes du Québec, les rappelant sans cesse, voilà le scénario du pire pour l’élite fédéraliste à Québec; elle qui salivait à l’idée de la disparition du Bloc Québécois au profit d’un « Tom » Mulcair qui a appuyé Philippe Couillard…

Une flopée de députés du Bloc Québécois qui refusent net de jouer la game des pétrolières dans le dossier Énergie Est, qui contestent l’hégémonie de l’Office National de l’énergie et qui rappellent que cet organisme n’est rien d’autre qu’une succursale des pétrolières. Une flopée de bloquistes qui se battent pour la gestion de l’offre au Québec, qui dénoncent sans cesse le pillage de la caisse de l’assurance emploi, qui défendent les compétences exclusives du Québec. Le scénario du pire pour les fédéralistes qui préfèrent la soumission tranquille des Libéraux de Couillard.

Le Québec peut-il se passer de cette représentation bloquiste en ce moment? Bref, le contexte du gouvernement minoritaire est propice à l’élection du plus de députés du Bloc Québécois que possible afin de faire contrepoids à l’axe du « fédéralisme-du-rapetissement » qui guette le Québec en ce moment. Il n’y a absolument rien, mais rien, de réjouissant dans la perspective d’un axe Trudeau-Couillard-Coderre par exemple.

Plus le taux de participation chez les jeunes sera élevé, moins de chance Harper aura de gagner l'élection
Plus le taux de participation chez les jeunes sera élevé, moins de chance Harper aura de gagner l’élection

Le vote des jeunes

Notons également que l’élection actuelle pourrait se jouer sur une donnée que l’on ne mentionne pas assez souvent, l’inadéquation des votes du segment plus jeune de la société versus celais de la population plus âgée. Frank Graves, l’analyste et PDG de la firme EKOS Politics, fait remarquer qu’en 2011, les sondeurs ont surestimé le taux de participation des jeunes (il les appelle « électeurs aux téléphones cellulaires seulement »).

Moins de trois électeurs sur dix de moins de 24 ans ont exercé leur droit de vote en 2011. En contrepartie, les segments plus âgés de la population votent, eux, beaucoup plus. Ce n’est un secret pour personne que Harper compte sur l’appui des électeurs plus âgés dans tout scénario que le donne vainqueur.

EKOS s’est astreint à la tâche de sonder les électeurs plus jeunes, ceux qui le plus souvent sont sous-représentés des enquêtes d’opinion car moins faciles à joindre dans ce type d’enquêtes. Selon Frank Graves, contrairement à 2011, ce segment de l’électorat est beaucoup plus engagé dans le débat électoral. Si les « électeurs au téléphone cellulaire » se présentent en grand nombre, Harper perdra selon l’analyste Graves :

« Quite simply, this segment will be critical to the outcome of the election. In the last election, Ekos polls overestimated this segment’s willingness to vote. This time around, that cell-phone-only population is at least three times larger and tells us they are much more certain to vote than they told us last time. When polled, they insist they are extremely engaged and motivated by the values war that has come to underlie this election.

What that means: if they show up Harper loses; if they don’t he wins. »

Les sondeurs du Canada anglais disent n’importe quoi au Québec! J-M Léger

« Voter Bloc, c’est voter Conservateur! »

Manifestement, les plus récentes enquêtes qui sondaient le Québec de façon plus élaborée ont beaucoup déplu à une certaine élite fédéraliste au Québec. Selon que les sondages prenaient en compte des échantillons plus grands et régionaux, on a vu des prédictions de plus de 20 sièges pour le Bloc, ce qui lui redonnerait son statut de parti officiel à la Chambre des Communes, un scénario catastrophe pour cette dite élite.

Il n’en fallait pas plus pour que l’on ressorte les épouvantails. C’est de saison, l’Halloween s’en vient. C’est pathétique, mais semble-t-il que cet argument est plus convaincant que celui des troupes de Mulcair au Québec…

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Voter Bloc aide les Conservateurs!

Voilà que l’on peut lire certaines analyses tant au Canada anglais qu’au Québec selon lesquelles un Bloc Québécois trop fort aiderait à la réélection des Conservateurs, cet apocalypse maudit… Pourtant, un Bloc à plat en 2011 n’a pas empêché l’élection d’un gouvernement Harper confortablement majoritaire, mais silence radio là-dessus. Dans L’Actualité par exemple, une analyse faite sur mesure pour tenter d’infléchir le vote québécois vers le NPD plutôt que le Bloc Québécois, toujours au nom de « l’empêchement du gouvernement Conservateur ».

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Le problème, comme le note de façon virulente le sondeur Jean-Marc Léger sur son compte twitter, c’est que les sondages sur lesquels se basent la majorité des analyses sont bidons et inopérantes car ils ne tiennent pas compte des composantes régionales essentielles. Par exemple, l’outil de compilation des sondages qu’utilise L’Actualité se base presque exclusivement sur des sondages qui compilent les données du Québec sur l’ensemble du Canada, ce qui fausse les données.

Ainsi, l’analyse faite par Alec Castonguay dans L’Actualité ne crédite qu’un seul siège au Bloc Québécois malgré le fait que la formation de Duceppe cartonne à plus de 40% dans plusieurs régions du Québec, et tout cela sans tenir compte de luttes régionales qui pourraient facilement bousculer du côté du Bloc. Non, Castonguay discarte complètement le Bloc Québécois comme si la réalité de sondages aux échantillons régionaux n’existait pas. C’est pratique!

« Les résultats au Québec influencent grandement les chiffres nationaux, puisque l’impact est important sur le nombre de sièges que peut remporter le NPD. Si Thomas Mulcair recommence à monter dans la province, le nombre de sièges du NPD bondira au total, réduisant d’autant ceux du Parti conservateur »

Il faut sauver le Soldat Mulcair au Québec! Pourtant, rien dans l’analyse de Castonguay n’évoque le fait que les Conservateurs comptent sur 102 sièges remportés par plus de 25% dans le Canada anglais -ce qu’Élections Canada qualifie de « comtés sûrs »-, rien non plus sur le fait que les Conservateurs étaient maîtres de la refonte de la carte électorale et que plus d’une vingtaine de sièges émanant de cette refonte se trouvent danseur zone d’influence politique. Non rien de cela.

La réalité c’est que le Québec n’aura, encore, qu’une influence mineure sur les résultats généraux de la prochaine élection. Des sondeurs peuvent bien brandir le spectre d’une « vague Bleue foncée » en se basant sur des enquêtes statistiquement non crédibles (EKOS parle de plus de 25 sièges Conservateurs au Québec, ce qui ne relève que des anomalies inhérentes aux défauts méthodologiques, mais qui est très pratique quand on veut façonner une analyse sur mesure…), la réalité c’est que les réalités régionales tant au Québec qu’ailleurs au Canada (le grand Toronto) et un nombre important de luttes à trois, à quatre, font en sorte qu’il est pratiquement impossible de prévoir l’issue de la prochaine élection, sinon qu’aucun parti au national ne se détache assez pour former un gouvernement majoritaire.

"Le sondage d'opinion est en crise, plus de transparence est nécessaire…."
« Le sondage d’opinion est en crise, plus de transparence est nécessaire…. »

L’industrie du « sondage » est en crise!

Il est intéressant de constater qu’en pleine campagne électorale, nombre d,intervenants parmi les plus importants de l’industrie du sondage d’opinion acceptent d’admettre que leur industrie est en crise. Les grands groupes de presse n’injectent pas plus de fonds auprès de ceux qui sondent, les besoins sont sans cesse croissants, pour arriver à produire des sondages qui ensuite nourrissent la nouvelle, l’analyse, on coupe dans les moyens (méthodologiques surtout) ce qui réduit toujours l’acuité des enquêtes et qui mine la crédibilité de l’industrie.

Un cercle vicieux qui met en péril la crédibilité de toute l’industrie selon Darrell Bricker, le PDG de Ipsos Global Public Affairs et un des fondateurs de la Canadian Association of Public Opinion Research (CAPOR – en français: Association pour la recherche en opinion publique du Canada-AROPC). Le but de l’association de sondeurs d’opinion est d’établir des standards éthiques et méthodologiques reconnus afin d’empêcher la publication d’enquêtes statistiquement bidons ou peu fiables. Loin de se cacher, Bricker admet d’emblée que même l’élection en cours comporte son ot de sondages scientifiquement nuls.

Les sondeurs du Canada anglais disent n’importe quoi au Québec!

Il est à noter que Léger Marketing fait partie de la CAPOR, Christian Bourque étant le V-P recherche de l’association. En ce sens, quand Jean-Marc Léger dit que les sondeurs du Canada anglais disent n’importe quoi concernant les intentions de vote au Québec, sa critique a beaucoup plus de crédibilité que les analyses politiquement inclinées de certains commentateurs au Québec dont on ne doute plus des accointances politiques..

Partenariat Transpacifique: les agriculteurs de l’Ouest jubilent, ceux du Québec écopent…

Au cours des dernières heures, le premier ministre de la Saskatchewan a rendu publique les nombreuses lettres de félicitations et d’appréciation de son travail dans la promotion du partenariat Transpacifique auprès du gouvernement fédéral.

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Et encore deux autres…

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On constate à la lecture de ces lettres que les agriculteurs de l’Ouest du Canada sont très contents. Manifestement ce partenariat est fait sur mesure pour une plus grande ouverture et une facilitation de l’exportation de leur production. Le Canada est un grand pays et il est évident que les intérêts des agriculteurs de l’ouest et ceux du Québec divergeaient, surtout dans les secteurs régis par la gestion de l’offre.

La relève agricole du Québec durement touchée

Plusieurs voix se sont faite entendre autours des derniers jours au Québec pour expliquer les conséquences directes, immédiates, de la mise en oeuvre du PTP pour les agriculteurs québécois dans le domaine de la production laitière par exemple, dont la majorité au Canada se trouve au Québec et dans l’est-ontarien.

L’intervention de l’agriculteur Yves Van Der Tol de Sherrington en Montérégie hier soir à l’émission L’heure du monde de Radio-Canada était très intéressante. Ce dernier expliquait que l’ouverture de 3.25% des marchés protégés par la gestion de l’offre lui couterait d’entrée de jeu 50 000$ en quotas perdus et ce pour une exploitation de 60 vaches laitières. Pire, l’agriculteur ne s’attend pas à se qualifier aux programmes de compensation proposés par le gouvernement compte tenu que ceux-ci se basent sur des volumes perdus futurs mais en fonction d’années de références antérieures.

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Le coup le plus dur demeure celui qui devra être encaissé par la relève agricole du Québec si le PTP devait être adopté. Le président de la Fédération de la relève agricole du Québec Pascal Hudon l’explique :

« Les dernières semaines ont été longues et stressantes pour la relève, et en particulier ceux et celles dans les filières du lait, des œufs et de la volaille. On est tous déçus de constater après tous ces efforts de mobilisation que le maintien intégral de la gestion de l’offre a été sacrifié au nom du libre-échange car ce sont les secteurs sous gestion de l’offre qui accueillent le plus de jeunes agriculteurs par année et qui présentent d’excellentes perspectives de viabilité. »

Ce qui est encore plus décourageant pour les agriculteurs québécois, ceux établis et la relève, c’est que ces négociations se sont déroulées dans la plus grande opacité, sans que ceux-ci ne soient jamais consultés.

Écrémés de 3,25% aujourd’hui, sacrifiés complètement demain?

En plus d’avoir été exclus complètement des pourparlers concernant le PTP, les agriculteurs québécois sont loin d’être rassurés par les échos qui viennent d’autres pays concernant les perspectives futures qui touchent leur domaine d’exploitation agricole.

Le ministre du commerce international de la Nouvelle-Zélande Tim Groser par exemple, en commentant le PTP d’une perspective des gains pour l’industrie laitière d’exportation de son pays, a offert un son de cloche très différent de celui de son homologue canadien Ed Fast qui se voulait rassurant en disant que « seulement 3,25% de la gestion de l’offre avait été consentie ».

Tim Groser évoque plutôt la libéralisation plus grande des marchés que permettra dans le futur le PTP:

« We’ve had for 50-60 years of integration of the motor vehicle industries…and we’ve just started this process on dairy, over the long-term, we’re moving in a more liberal direction on dairy products. »

Pour la Nouvelle-Zélande, inonder les marchés de leurs produits laitiers, comme le beurre, est un enjeu essentiel inhérent au PTP. En scrutant un peu, on s’aperçoit que le Canada a cédé sur la gestion de l’offre, mais pas tout le monde. Au Japon par exemple, les négociateurs ont refusé net d’ouvrir leur marché au beurre néo-zélandais, ce que les producteurs là-bas déplorent :

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Ainsi, les Américains, les Japonais, les Australiens ont pu préserver certains marchés importants de leur économie mais le Canada a dû céder sur la gestion de l’offre? À n’en point douter, le Québec aurait mieux fait de se représenter lui-même au sein de ces négociations. Dans la dynamique canadienne, les producteurs québécois protégés par la gestion de l’offre ont manifestement été sacrifiés afin de privilégier d’autres secteurs de l’économie agricole canadienne.

Malheureusement, les agriculteurs québécois ne peuvent même pas compter sur le gouvernement provincial pour les représenter et défendre leurs intérêts. le parti Libéral de Philippe Couillard se réjouit de la signature du PTP. Ça fait longtemps que les Québécois ont compris que ce gouvernement se préoccupait beaucoup plus du rapetissement, du ratatinement du Québec pour le plus grand bien du Canada. Conséquemment, les déboires des agriculteurs du Québec comptent peu à Québec, c’est « le prix à payer pour faire partie de la fédération canadienne » j’imagine…

Une bataille à deux au Canada avec 13 jours de campagne à faire…

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Vous voulez savoir quels sont les circonscriptions, les régions qui importent le plus pour chaque chef? Suivez leur trajet en campagne électorale! Il ne reste plus que 13 jours à cette interminable campagne électorale et la situation se précise un peu plus. Au national, le NPD semble destiné à finir en troisième place, en grande partie dû aux résultats catastrophique du NPD en Ontario. Stephen Harper a consolidé son emprise dans les province de l’ouest et espère faire des gains en Colombie-Britannique. Justin Trudeau bataillera ferme à Toronto et dans sa couronne tout en comptant sur de solides appuis dans les Maritimes et sur l’île de Montréal.

La journaliste  LAURA RYCKEWAERT du Hill Times s’est intéressée à la question des déplacements des chefs et de leurs destinations stratégiques pour les deux semaines à venir; le fruits de ses recherches est indicateur des points chauds pour chacun des chefs. Par exemple, on constate que l’espace aérien politique est très occupé au dessus de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et de … Montréal!

Car lorsqu’il est question du Québec, la métropole est importante pour tous les chefs, en plus de la ville de Québec qui demeure toujours sur le radar du chef Conservateur Stephen Harper qui y est allé 5 fois déjà depuis le début de la campagne.

La conseillère stratégique chez Summa Strategies Lyndsay Doyle (ex conseillère au parti Libéral fédéral) explique que les chefs de parti visitent habituellement des comtés qu’ils détiennent déjà, sur lesquels les chances de réélection sont excellentes. Aussi, les chefs de parti aiment visiter des régions au seine esquilles ils espèrent faire des gains, souvent des endroits essentiels à leurs chances de prendre le pouvoir.

L’Ontario, la province qui fait et défait le Premier ministre

Sans surprise, la province de l’Ontario est la plus visitée.

Stephen Harper : 34 visites (Toronto, 905, Sud-ouest et Ottawa)

« Tom » Mulcair: 28 visites (Toronto, Sud-ouest, 905)

Justin Trudeau : 33 visites (Toronto, 905)

On comprend dès lors l’importance de ce terrain électoral. La ville de Toronto et sa couronne (que l’on nomme par l’indicatif 905) comptent nombre de comtés qui sont prenables pour les deux formations politiques qui se détachent présentement, soit les Conservateurs et le PLC de Trudeau. Les derniers sondages en Ontario sont plutôt décourageants pour le NPD et l’on comprend mieux pourquoi « Tom » Mulcair annonçait ce matin que la Colombie-Britannique était un endroit clé pour lui.

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La débandade NPD en Ontario…

Les derniers chiffres combinés pointent les Libéraux à 40.9%, les Conservateurs à 36.5% et le NPD à 19.3%. En ce sens, on peut s’attendre à ce que Mulcair cible un peu plus la Colombie-Britannique et le Québec au cours des 13 derniers jours surtout que Mulcair semble bien vouloir sauver les meubles dans La Belle Province en choisissant le combat de l’opposition au Partenariat Transpacifique (PTP) qui est très impopulaire auprès des agriculteurs québécois dont beaucoup proviennent de comtés qui avaient basculé dans la vague orange en 2011.

Déjà en juillet 2015 Gilles Duceppe annonçait ses couleurs quant au PTP...
Déjà en juillet 2015 Gilles Duceppe annonçait ses couleurs quant au PTP…

Le problème pour Mulcair c’est que le chef du Bloc Québécois Gilles Duceppe fait déjà une campagne de terrain dans ces mêmes comtés depuis plus de 10 jours pour dénoncer le PTP. Pendant que le chef du NPD continuait à jaser niqab pour s’extraire des sables mouvants, Duceppe a tenu trois conférences de presse et de nombreux ralliements spécifiquement sur la question du PTP en martelant son opposition à ce partenariat.

En même temps, le chef du NPD se doit de tout faire pour augmenter son score en Colombie Britannique où il tiendra un ralliement d’importance dimanche prochain. On sait déjà que Mulcair compte faire de son opposition au PTP le fer de lance de sa fin de campagne. Hier, du sud-ouest de l’Ontario (comté d’Essex en plus de 5 autres circonscriptions dans la même journée!) et dès samedi dans l’ouest du Canada.

L’enjeu est de taille pour Mulcair car si ces appuient continuent de baisser en C-B et au Québec, il pourrait se trouver dans la fâcheuse position des Libéraux en 2011 (34 comtés sur 308), soit une relégation au lointain troisième rang ce qui assurément sonnerait le glas de père Mulcair au NPD.

Les voyages inattendus…

Robin Sears, associé principal au Earnscliffe Strategy Group et ancien conseiller du NPD sous Layton fait remarquer que l’itinéraire du chef au cours du dernier droit est très indicateur du pointage interne et des tendances que retiennent chaque parti politique. En 2011, Jack Layton avait fait ajouter nombre de destinations au Québec en fin de campagne en constatant que les chiffres y étaient exceptionnels. Cela s’est traduit par la vague que l’on a connue.

À l’inverse, il sera intéressant de voir comment Mulcair abordera le Québec, surtout en région, si le Bloc Québécois continue d’y mener avec plus de 40% des appuis. Chaque parti pointe assidûment au sein des comtés qu’ils détiennent et qui pourraient être à risque de basculer chez l’adversaire. En 2011, plusieurs sources au Bloc Québécois m’avaient indiqué que le pointage qu’ils faisaient à une semaine de la date du scrutin montrait bien que le pire scénario allait se produire. « Même Laurier-Ste-Marie! » m’avait-on dit, résigné, à l’époque.

Personnellement, je surveillerai de près l’itinéraire de Justin Trudeau. Le PLC continue de croire en ses chances notamment à Lethbridge et dans quelques comtés de Edmonton me dit-on. Aussi, Trudeau aimerait beaucoup ravir quelques sièges au NPD en C-B où de plus en plus il ravit la place du « candidat le plus apte à défaire Stephen Harper ». Pour les électeurs qui placent cet enjeu au dessus de tous les autres, voilà un argument qui pourrait bien faire gonfler les appuis au PLC devant le constat du recul constant du NPD depuis quelques semaines.

Le trésor de guerre

Fait à noter, les Conservateurs demeurent les plus riches à deux semaines du scrutin et déjà, certaines régions très disputées ont commencé à voir quelques publicités qui leur étaient spécifiquement destinées. Aussi, Stephen Harper n’a pas à se soucier de la question des fonds disponibles, les coffres conservateurs débordent et ils dépenseront sans problème la limite maximale permise pour cette longue campagne soit de plus de 54 millions de dollars selon les estimations les plus récentes d’Élections Canada.

Mulcair à TLMEP, encore ce double discours…

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Hier lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle, « Tom » Mulcair est loin d’avoir fait une prestation à la Jack Layton. Angry Tom n’aura jamais le charisme du Bon Jack. Ça, nous le savions déjà.

Cependant, le chef du NPD aurait pu, une fois pour toute, jouer la carte de l’honnêteté, de la transparence, concernant l’un des dossiers les plus importants pour le Québec, le pipeline Énergie Est.

Mulcair ne l’a pas fait. Loin de là.

Soyons bien clair, encore une fois, « Tom »Mulcair a menti, il a confondu la population concernant le dossier du pipeline en répétant trois fois que ÉnergieEst « c’est non ». Jusqu’à ce que Guy A Lepage lui impose de préciser sa pensée. Encore, Mulcair a refusé de répéter ce qu’il avait dit le 6 août dernier lors du premier débat de la présente campagne électorale qui se tenait en anglais à… Edmonton en Alberta. Lors de ce débat, Mulcair a clairement appuyé le projet ÉnergieEst en le qualifiant de « gagnant-gagnant-gagnant » pour le Québec. Mulcair a bien pris soin de ne jamais répéter son « win-win-win » réservé à l’auditoire anglophone de ce débat.

Verbatim, tiré du site web du magazine Maclean's
Verbatim, tiré du site web du magazine Maclean’s

Pour mieux comprendre la valse-hésitation du NPD concernant Énergie Est, revenons en arrière… Ce que les Québécois seraient en droit de s’attendre du NPD en qui il avait placé toute sa confiance en 2011, c’est une opposition aussi vigoureuse aux pipelines au Québec par le porte-parole en matière d’énergie du NPD, le député François Choquette, que celle qu’il a manifesté pour la lutte des citoyens de la Colombie-Britannique contre le pipeline Northern Gateway. Et c’est ce double discours qui irrite un grand nombre de la population du Québec.

Choquette NPD

Encore une fois, plutôt que de s’opposer « vigoureusement » à Énergie Est, le chef du NPD y est allé de détours verbeux pour donner l’impression qu’il s’y opposait alors que dans le Rest of Canada Mulcair conditionne son appui à ce projet à une étude environnementale complète. Doit-on rappeler que l’Office national de l’énergie de qui relève ces études au Canada -et c’est sa stricte compétence- n’a jamais bloqué un projet pétrolier. Jamais.

D’ailleurs, en novembre dernier, le Bloc Québécois s’indignait à la place du NPD qu’un premier ministre d’une autre province, la Saskatchewan, sermonne le Québec parce qu’il n’approuvait pas assez rapidement le pipeline Énergie Est.

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La semaine dernière, l’alliée du NPD fédéral en Alberta, la première ministre Rachel Notley, faisait savoir de façon claire qu’elle s’attendait de son cousin fédéral qu’il appuie les projets TransMountain dans l’ouest et Énergie Est dans l’est. En ce sens, la PM albertaine accepte la dissidence sur le projet Northern Gateway mais pas celle exprimée en Ontario et au Québec sur Énergie Est.

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Voilà pourquoi le chef du NPD fédéral « Tom » Mulcair souffle le chaud et le froid dans ce dossier selon qu’il se trouve à Calgary ou à Montréal. Qu’un député d’importance de son caucus québécois exprime sa vigoureuse sympathie pour le combat mené par les citoyens de la Colombie-Britannique contre Northern Gateway est tout à fait acceptable; la même opposition vigoureuse, sans conditions, un NON net et assumé, d’un candidat québécois contre Énergie Est serait vite réprimée. Et de ce double discours, les Québécois (et les Canadiens) en ont manifestement eu assez puisque le NPD voit ses appuis fondre également au sein des deux solitudes…

Si les citoyens de la C-B peuvent dire NON aux pipelines, pourquoi pas ceux du Québec?
Si les citoyens de la C-B peuvent dire NON aux pipelines, pourquoi pas ceux du Québec?

L’incursion de Françoise David dans la campagne fédérale aura nui à son allié NPD…

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Nul ne doutera que l’incursion de Françoise David, co porte-parole de Québec solidaire, avait pour but de venir en aide à un allié politique au fédéral, le NPD, qui se trouvait malmené dans les sondages. Les appuis à Mulcair fondent comme neige au soleil, les manchettes dévastatrices s’accumulent au gré des sondages qui le sont tout autant.

C’est dans ce contexte que Françoise David, qui avait pourtant annoncer que son parti n’appuierait personne dans la campagne fédérale – ce qui n’avait berné personne car nombre de militants solidaires appuient ouvertement le NPD – est intervenue afin de tenter de se placer au dessus de la mêlée pour sommer que les partie, la population et surtout les adversaires du NPD cessent de jaser du « niqab ».

Profitant sans problème de sa tribune à Radio-Canada, cette tribune qu’on refuse aux ténors du Bloc Québécois sous prétexte que leur représentation démocratique est trop faible mais que l’on accorde à Françoise David sans problèmes et sans considérations des mêmes règles, la porte-parole solidaire sermonne: Un faux débat, une hérésie qui ne fait qu’exacerber l' »islamophobie », une diversion qui détourne l’attention du bon peuple des « vraies affaires »….

Sauf que de plus en plus de Québécois en ont plein le dos des sermons de « Soeur Supérieure Françoise » comme se plaisent à l’appeler quelques commentateurs pour railler la posture idéologique qui qualifie la nature de ses « interventions ».

« Françoise David veut calmer le jeu » titrait Radio-Canada.

Dans les faits, sa voix s’ajoutait à une pléthore d’autres de la gauche inclusive qui n’en pouvait plus de cesser de parler, de commenter la question du « niqab » pour tenter soit de réhabiliter le NPD par l’argumentaire du faux-débat, sinon pour haranguer les 93% de Québécois qui semblent-t-il seraient trop bêtes pour comprendre qu’ils sont instrumentalisés par des politiciens qui abusent de leur ignorance.

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Et voilà exactement où tout déraille pour Françoise David et ceux qui l’appuient. Et c’est Denise Bombardier qui, de façon lapidaire, l’a exprimé le mieux à mon humble avis.

« La sœur supérieure de l’Assemblée nationale, Françoise David, inspirée, on peut le penser, par le redoutable activiste Amir Khadir, a réussi cette semaine un coup fumant. À la suite d’un incident déplorable où deux adolescents imbéciles et cruels ont arraché le voile d’une musulmane enceinte de quatre mois et l’ont bousculée, la députée de Québec solidaire a d’une certaine manière forcé les autres partis à adopter cette motion dénonçant l’islamophobie au Québec. N’est-ce pas offensant de suggérer que le Québec est un pays islamophobe?
Rappelons pour mémoire qu’il y a quelques années, d’autres adolescents aussi stupides et ignorants avaient arraché les chapeaux de fourrures de juifs hassidiques à Outremont. À l’époque, aucun parti politique n’avait cru bon de dénoncer à l’Assemblée nationale l’antisémitisme du peuple québécois. Autre temps, autres lobbys. »

On doit aussi ajouter que non contente que sa motion à l’Assemblée nationale soit adoptée à l’unanimité, Françoise David -fâchée que des caquistes ou péquistes n’ait pas décidé de s’abstenir ou de s’y opposer- y est allée d’un vicieux procès d’intention envers la CAQ et le parti Québécois. Selon Soeur supérieure, ces deux partis ont appuyé sa motion sans le vouloir vraiment.

Instrumentaliser l' »islamophobie »…

Dans les heures qui ont suivi cette motion, si les parlementaires ont été pris au piège d’une instrumentalisation de l' »islamophobie » comme moyen de taire, ou de faire cesser tout débat sur la question, plusieurs voix se sont levées pour condamner cet « appel au calme » de Françoise David tout empreint de mépris.

L’Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité s’est aussi indignée de cette instrumentalisation de l’islamophobie et a vertement critiqué Françoise David :

« Les Québécois sont interpellés et souvent outrés par des pratiques soi-disant religieuses, telles que le niqab. Ils observent qu’il s’agit plus de régression et de dérives pouvant faire dérailler le projet de société qu’ils développent et font évoluer depuis des décennies, pour ne pas dire des siècles. Nous, citoyens Québécois de culture musulmane, sommes également outrés d’être associés à ces victimaires qui disent parler en notre nom. Nous sommes outrés que vous parliez en notre nom en utilisant ce mot islamophobie. En traitant les Québécois de racistes et d’islamophobes, vous les insultez et vous nous insultez, nous aussi, citoyens Québécois de culture musulmane. Merci Madame de ne plus parler en notre nom. »

Et que dire de la réponse de l’écrivaine Djemila Benhabib…

« Trop souvent ce concept-là [de l’islamophobie] est utilisé par les islamistes et les communautaristes pour attaquer les laïques en les accusant de racisme. Nous ne devons pas accépter cette escroquerie intellectuelle et céder à ce chantage de la victimisation.
Non, la critique de l’islam n’est pa de l’islamophie. Non, la dénonciation des voiles islamiques et de l’islam politique n’est pas de l’islamophobie.
Qui, au Québec, en a fait un fond de commerce et un espèce de paravent? D’une part, le Collectif québécois contre l’islamophobie (CQCI) fondé par Adil Charkaoui et Salam Elmenyawi, un chaud partisan des tribunaux islamique et d’autre part, l’Association des musulmans et arabes pour la laïcité qui n’a rien de laïque et qui est même anti-laïque puisqu’elle joue à fond la carte du communautarisme. »

Au final, « l’appel au calme » de Françoise David aura plus nui à son allié NPD qu’autre chose. Ce mépris condescendant envers les citoyens a fait son temps. Quand on y ajoute l’appui inconsidéré de la co porte-parole solidaire au liberticide projet de loi 59 des Libéraux provinciaux, on se rend bien compte que Françoise David campe solidement du côté de ceux qui, à l’instar de Trudeau et Mulcair, militent pour que ce « multiculturalisme sans limite », ce « multiculturalisme des chartes et des tribunaux » qui irrite la majorité de la population tant au Canada qu’au Québec.