Ce passé de ministre Libéral au Québec que Mulcair aimerait garder discret…

Bribes par bribes, le passé de Thomas Mulcair comme ministre libéral au Québec revient le hanter. D’ailleurs, j’avais été frappé par une conférence de presse du chef NPD plus tôt dans la campagne alors qu’il se trouvait en Ontario et que le NPD dévoilait de nouvelles pubs pour les médias sociaux. Deux affiches, tout les partis en font, pour mousser l’expérience du chef en santé comme ministre.

Un hic cependant, une différence marquante entre la pub en anglais et celle en français; le chef choisit de retirer le mot « Québec » de la version anglophone.

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Intéressant. Pourquoi volontairement omettre le « Québec » dans la version anglophone? Cela n’est pas fortuit, tout est calculé dans ce type de communication politique bien sûr.

Deux raisons :

A) L’identité québécoise est encore un repoussoir dans le Rest of Canada.

Je cite ici Simon Couillard dans Le Devoir qui a très expliqué ce phénomène :

« Mulcair, trop Québécois pour le ROC? Après avoir remporté presque tous les sièges au Québec, le NPD doit taire cet exploit dans le reste du Canada. L’identité québécoise y sert encore de repoussoir.

Ainsi, ce ne sera jamais un risque pour un Trudeau, mais Thomas Mulcair aurait besoin qu’on oublie le lien qui l’unit, lui et son parti, au Québec. Après avoir remporté près de 80 % des sièges disponibles au Québec, le NPD doit taire cet exploit, car l’identité québécoise, à défaut d’être politiquement désamorcée et transfigurée dans la mosaïque multiculturelle, sert de repoussoir à l’imaginaire canadien. L’ancien défenseur des droits des anglophones, celui qui a combattu au côté de Jean Chrétien et de Jean Charest et qui pourfendait, avec des propos souvent très acerbes, la « conspiration » séparatiste, serait trop Québécois au goût des Canadiens. Ironie du sort. »

Photo Jacques Nadeau, Le Devoir
Photo Jacques Nadeau, Le Devoir

B) Un passé de ministre au Québec très controversé

De façon plus concrète, Mulcair préférerait assurément que son passé de ministre au Québec demeure discret, du moins quant au contenu, quant à ses prises de position et tous les combats qu’il a mené dont plusieurs sont aux antipodes du politicien qu’il veut incarner aujourd’hui. Cette transformation est tellement spectaculaire, pour ne pas dire non-crédible, que Mulcair aime bien jouer sur le « titre » de ministre mais moins sur le contenu.

Quand on scrute le passé de ministre de Thomas Mulcair sous le PLQ de Charest, on trouve un homme résolument de droite, vindicatif envers les indépendantistes, les syndicats, les environnementalistes, un homme qui s’est associé, qui s’est identifié plus facilement à l’héritage de Thatcher ou aux revendications de l’Institut économique de Montréal qu’aux citoyens du Mont-Orford qui réclamaient son intervention en tant que ministre pour éviter la privatisation de leur joyau régional.

Ce passé de parlementaire est absolument fondamental alors que Mulcair brique le poste de premier-ministre du pays, mais surtout quand on considère la sévère correction idéologique qu’il impose au parti qu’il dirige. Les médias de Toronto se sont saisis de l’affaire en fin de semaine d’ailleurs.

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En cette longue campagne électorale, parions que ces contradictions gênantes ressortiront. Les conseillers en communication du NPD aiment tempérer le flirt de Mulcair avec les Conservateurs par exemple en lui opposant la version de « Tom » des événements du Mont-Orford quand il était ministre de l’environnement au Québec. Mulcair qui quitte en grand défenseur des citoyens de la place, en désaccord avec son parti qui tenait mordicus à privatiser la montagne. Mais pas « Tom »!

Le problème? cette version des événements est manifestement, au mieux, romancée, en réalité, selon Le Devoir, elle est carrément fausse.

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Quand Mulcair criait YOUPPI après avoir fait annuler une subvention à un groupe environnementaliste…

Autre exemple de ces contradictions franchement indécentes du passé de ministre au PLQ de Thomas Mulcair, cet épisode troublant relaté, encore, par Le Devoir. Jugez par vous-même :

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On se demande d’ailleurs qui est « la grande belle-mère » à qui Thomas Mulcair réfère dans sa communication avec son chef de cabinet de l’époque. Voilà un exemple du Mulcair vindicatif, hargneux, le « Angry Tom » que le NPD tente de cacher en toutes circonstances, celui qui pourrait tout bousiller.

Celui aussi qui a été vertement dénoncé par la cour supérieure dans la poursuite qui l’opposait à l’ex ministre péquiste Yves Duhaime, un jugement très dur envers Thomas Mulcair.

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En définitive, quand on constate la facilité avec laquelle Mulcair tend à dire une chose et son contraire tant que cela le sert politiquement, comment ne pas rappeler cette citation célèbre du chef du NPD à l’éditorialiste de La Presse André Pratte quand ce dernier préparait son bouquin Le Syndrome de Pinocchio :

« Malheureusement, d’une manière générale, le seul calcul c’est: est-ce que je vais me faire pogner? Sinon, les gens se sentent assez libres de manipuler les journalistes et de dire n’importe quoi. »

Mulcair espère justement que cette longue campagne ne l’exposera pas complètement; il espère tout simplement « ne pas se faire pogner ».

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Le trésor de guerre électoral des Conservateurs peut-il influencer le cours des choses?

Après une pause salutaire, je me propose de revenir sur un article publié le 18 juillet dernier dans le Toronto Star par un chroniqueur politique canadien de renom, Bob Hepburn. À deux semaines avant le déclenchement des élections, ce chroniqueur posait la question suivante : « pourquoi Stephen Harper n’attaque-t-il que Justin Trudeau malgré le fait que le NPD cartonne dans les sondages? »

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On se rappellera qu’avant le déclenchement des élections, les Conservateurs avaient lancé de nombreuses salves en forme de pubs négatives envers Justin Trudeau. Le slogan principal de ces attaques? « Trudeau : he’s just not ready! Nice haïr though! » Pas dépourvu d’humour en plus.

En gros, Hepburn argumentait que les Conservateurs craignaient le charisme de Trudeau, que Harper faisait un combat personnel, à la limite vindicatif, de couler les Libéraux de Trudeau, les défaire pour de bon. Le PM sortant cultive une antipathie personnelle envers le chef Libéral, envers ce parti qui, selon lui, négligeait les gens de l’ouest du Canada au détriment du Québec, bref, Harper voudrait enterrer le PLC.

« Prime Minister Stephen Harper hates Trudeau and the Liberals. It’s a personal hatred, dating back to the 1980s and to Justin’s father, the late prime minister Pierre Trudeau.

Harper’s right-wing ideology was forged forever during Trudeau’s reign when the young Harper felt Justin’s father had a personal dislike for western Canada, and Alberta in particular. He felt the introduction of the National Energy Program and Trudeau’s focus on Quebec were the clearest proof of this anti-West attitude. »

Surtout, et c’est ici que ça devient intéressant plus d’un mois plus tard de revenir sur cet article, Harper souhaitait par ses attaques anti-Trudeau faire de l’élection une course à deux entre le NPD de Mulcair et ses Conservateurs à lui. Ce scénario plaisait aux Conservateurs qui étaient confiants d’écraser sans trop de difficultés le NPD de Mulcair dans une course à deux.

Hepburn explique: « Clearly, Harper isn’t totally ignoring Mulcair. The Conservatives have already released one ad portraying the NDP as tax-and-spenders who will harm the Canadian middle class.

And if the NDP poll numbers remain high well into September, voters can expect to see more anti-NDP ads from Harper. As he sees it, he’s got enough money at his disposal to fight both Trudeau and Mulcair at the same time.

Under Harper, the Conservatives have grown filthy rich, having collected nearly $70 million in donations since 2011, some $25 million more than the Liberals and $40 million more than the NDP »

Vous avez bien lu : le trésor de guerre électoral des Conservateurs est de 40M de dollars de plus que le NPD. 

Voilà le scénario qui se dessine alors que la campagne approche de septembre; une course à trois, Trudeau est toujours dans la course et il risque bien de tripler son score de 2011 grâce à ses appuis en Ontario, le NPD demeure fort au national et c’est Harper qui se trouve en 3e place bien que statistiquement, les trois partis se voisinent dans la marge d’erreur des différents sondages.

Sauf que le premier tiers de la campagne n’a pas été celui où les Conservateurs ont beaucoup pigé dans leur trésor de guerre. Ces sommes seront dépensées et il y a fort à parier que le chef du NPD sera la cible de plusieurs attaques. C’est déjà commencé si on en juge la fin de semaine qui se termine. Mulcair, dans le Canada anglais, est la cible de Trudeau ET de Harper. Ce que Hepburn n’avait pas évoqué dans son texte où il parle plutôt du « leftist NDP » (les gauchistes du NPD), c’est la réorientation sévère vers la droite que Mulcair impose à son parti à un point tel que le NPD se trouve plus à droite à bien des égards que le PLC de Trudeau.

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Conséquence? Trudeau attaque Mulcair par la gauche et Harper s’applique à démolir les promesses de droite du NPD. La journée d’hier a été marquée par les attaques sur les promesses économiques du NPD par le PLC et les Conservateurs.

Tout n’est pas perdu pour Harper qui est assis sur des millions à dépenser et qui, malgré un début de campagne catastrophique, continue de compter sur l’appui d’une base apparemment indéfectible de 30% d’électeurs. Il y aura beaucoup de luttes à trois, notamment en Ontario. Et dans ce contexte, il se peut bien que le trésor de guerre du premier ministre sortant ait un rôle à jouer dans ce type de courses. Car les Conservateurs peuvent à la fois combattre au national mais aussi dépenser sans compter dans les comtés où ça compte. Un avantage à ne pas négliger.

Austérité? Déficits? Trudeau parle de réinvestissement, Mulcair et Harper de « choix difficiles »…

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Les unes du Winnipeg Sun et du Toronto Metro font jaser ce matin. « Justin Trudeau a-t-il commis un suicide politique en annonçant trois années de déficit avant le retour budgétaire? » et « Mulcair pousse le NPD à droite, est-ce bon pour Toronto? ». Le Sun fait sa une à coup de sensationnalisme; on connait la méthode, le Metro n’est pas en reste; ce qui est en jeu ici ce sont les choix clairs qu’ont fait chacun des chefs. On se questionne sur cette stratégie de l’honnêteté adoptée par le chef libéral ou par ce virage nettement marqué vers la droite énoncé par « Tom » Mulcair. Car dans l’état où se trouve l’économie canadienne, trop inféodée au seul cours du pétrole, les déficits sont fort probablement inévitables, à moins d’avoir l’honnêteté d’annoncer un virage vers l’austérité.

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C’est d’ailleurs dans cet angle que la promesse de Trudeau est rapportée dans le Maclean’s ce matin.

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Les masques tombent

Du côté de Mulcair et du NPD pourtant, on semble avoir fait son lit, dans la seule journée d’hier le chef néodémocrate a offert quelques indications de son plan et, malheureusement pour les Québécois qui y gouttent déjà, c’est le retour de la rhétorique de l’austérité, de la « rigueur budgétaire », des « choix difficiles ».

Hier, Mulcair se voyait contraint de reculer sur sa promesse de « remettre en place la formule de financement de la santé pour les provinces » et « d’annuler les coupes conservatrices de 36 milliards de dollars » comme l’annonçait Radio-Canada. Lors du même point de presse, ce qui intéressera les Québécois, c’est le changement de vocabulaire du chef Mulcair. Depuis le début de la campagne, ce dernier fanfaronnait et multipliait les promesses couteuses, hier le ton a changé. Plus tôt dans le semaine, Mulcair avait contredit son potentiel ministre des finances Andrew Thomson quand celui-ci avait annoncé des « choix difficiles » et des « coupures inévitables », voilà maintenant que c’est le chef qui emploie la même rhétorique.

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Affrontements partisans entre Libéraux et Néodémocrates

Fait à noter, Andrew Thomson du NPD inaugurait justement hier son local électoral dans le comté d’Eglington-Lawrence mais la vedette économique du chef Mulcair a reçu de la visite inattendue! Des militants Libéraux se sont invités à cette inauguration, pancartes à la main, pour remettre à l’avant plan la citation du candidat néodémocrate dont le chef Mulcair tentait de se distancer : « des coupures budgétaires sont inévitables! ».

Comme le note Radio-Canada dans son texte, « M. Mulcair demeure cependant avare de commentaires sur les mesures qu’il adoptera pour parvenir à ses fins, promettant une plateforme chiffrée plus tard dans la campagne. » le problème c’est que Mulcair recule toujours plus sur les engagements progressistes qui sont chers à la base militante de son parti. Je le notais hier, le chef du NPD a fait disparaitre du site du parti le « cahier des propositions » des militants en congrès. Il sera intéressant de comparer la plateforme officielle du NPD à ces propositions militantes.

Déjà, quand on voit le chef Mulcair flanqué de son candidat Andrew Thomson, usant de la terminologie de l’austérité, des « choix difficiles », de la « rigueur budgétaire », c’est beaucoup plus à Martin Coiteux que l’on pense et non aux ardeurs militantes d’un Hans Marotte.

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D’ailleurs, le Ottawa Citizen le fait remarquer encore ce matin, sur cette question de la direction à prendre quant aux choix économiques, « Tom » Mulcair adopte une position qui le rapproche du chef Conservateur Stephen Harper…

En bout de ligne, les citoyens du Canada et du Québec auront à se prononcer et si la journée d’hier est indicatrice de tendances, il semble bien que les NPD et le PLC aient choisi des chemins irréconciliables. D’une part Trudeau lorgne vers le réinvestissement et l’acceptation de déficits ponctuels; d’autre part, à l’instar du PLQ de Couillard et Coiteux que Mulcair, incidemment, a appuyé, le NPD penche plutôt vers l’équilibre budgétaire à tout prix ce qui conduit inévitablement aux « choix difficiles » et à l’austérité.

Votre vote vaut moins en 2015 qu’il n’en valait en 2011; le saviez-vous?

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Intéressante lecture dans le ipolitics.ca aujourd’hui, cet article de la journaliste Susan Delacourt qu’on pouvait aussi lire dans le Toronto Star, avant qu’elle n’entame une carrière dans l’enseignement universitaire. Une référence en politique canadienne.

Susan Delacourt revient sur la fin des des cotisations remises aux partis politiques pour chaque vote reçu. Au cours des quatre dernières élections fédérales, le parti pour lequel vous votiez recevait entre 1,75$ et 2$ par vote reçu. L’élection en cours marque la fin de cette façon de faire. Et cela, selon la journaliste Delacourt, aura quelques conséquences insoupçonnées.

« Notre proportionnelle, en quelque sorte »

Combien de gens ont voté pour un tiers parti, ou pour un candidat qui, dans leur comté, n’avait aucune chance de gagner en se disant qu’au moins le parti de celui-ci recevrait un 2$. Pour Delacourt, cela encourageait les citoyens à voter pour leur « meilleur choix ».

« If you were a citizen who wasn’t enamoured of any of the three main parties, for instance, you could decide to vote for the Greens, knowing they wouldn’t win power, but the party would get about $2 a year for your support. The party would live to fight another day.

In a way, it was our own version of proportional representation. Even if the popular vote wasn’t really reflected in the seats in Parliament, parties did get some reward for how many people marked an X for them in the voting booth. »

(Si vous n’étiez pas entichés de voter pour l’un des trois grands partis, vous pouviez par exemple voter Vert, en sachant que le parti recevrait 2$ pour votre vote et pour chacun des autres exprimés dans le cadre de l’élection. À défaut de prendre le pouvoir, le parti recevait des fonds pour poursuivre la lutte.)

Dans les faits, ce constat de la journaliste montre de façon équivoque à quel point notre mode de scrutin est désuet selon moi, mais bon…

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Vers la fusion des partis « moins à droite que Harper »? 

Susan Delacourt revient sur le dernier livre de Tom Flanagan, grand penseur de la droite canadienne, pour qui l’une des conséquences possibles causée par la fin de la subvention au vote pourrait être la fusion forcée des partis de gauche. Bon, Flanagan étant de l’école de pensée des Éric Duhaime de ce monde, il a la « gauche » facile. Mettons la fusion de tout ce qui est moins à droite que Harper (tsé quand on fait l’apologie de Thatcher, est-on vraiment de gauche?).

« The end of that subsidy may make for significant calculations — during the campaign and after the election is over. Tom Flanagan, former campaign chief for the Conservatives, has even predicted that the end of the subsidy will force the New Democrats, Liberals and Greens to merge. »

Autre fait intéressant, Delacourt a parcouru certains comtés clés dans la couronne de Toronto où le mouvement « ABC » (Anything but Conservatives- Tout sauf les Conservateurs) est très fort. Les gens lui disaient qu’ils étaient contraints d’attendre la fin de la campagne pour faire leur choix, en fonction des sondages, des tendances, du candidat dans leur comté plus à même de défaire le Conservateur. Ce à quoi la journaliste répond « en fonction de quels sondages? ». Car s’il est une chose que les élections passées ont montré c’est que se fier aux enquêtes d’opinion pour décider d’un gouvernement peut être un exercice très périlleux. Surtout quand les gens de l’industrie eux-mêmes avouent sans ambages que leurs enquêtes sont tout sauf fiables…

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Les propositions des militants du NPD sont-elles gênantes pour le chef Mulcair?

J’ai partagé hier un texte de Mark Kennedy du Ottawa Citizen concernant le retrait du « cahier des propositions-doctrine générale » du site internet du NPD. On trouvera d’ailleurs ici une version mise à jour de cet article; l’auteur ajoutant de larges pans de ce cahier de propositions.

Comme j’ai reçu beaucoup de commentaires concernant cet article, permettez-moi d’apporter quelques précisions.

Le « cahier des proposition » ou la doctrine générale que les militants votent en congrès afin de définir les différentes positions du parti concernant tous les thèmes sur lesquels ils veulent se prononcer, demeure le coeur et l’âme d’un parti politique, du moins le reflet des aspirations de sa base militante. C’est précisément pour ça que les gens militent, se déplacent en congrès et s’investissent au sein du parti.

Ainsi, sur de nombreux sujets, la base militante du NPD s’est positionnée de façon X et s’attend à ce que le parti défende ces positions devant l’électorat. Quelques exemples passés au NPD: le parti militait pour une diminution, voire un moratoire de l’exploitation des sables bitumineux afin de permettre au Canada d’atteindre ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre ; le parti avait aussi fait sienne la proposition d’augmenter les seuils de taxation pour les Canadiens les plus riches afin de diminuer le fardeau fiscal des familles de la classe moyenne.

En général, le parti prenait des engagements progressistes, plutôt à gauche. Le cahier des propositions le reflète.

Alors pourquoi retirer le cahier des propositions du parti du site web du NPD? La décision s’explique en deux temps.

Premièrement, ce « cahier des propositions » n’est pas le programme politique du parti, ce que le conseiller stratégique principal au NPD, Brad Lavigne, a précisé en entrevue avec le Ottawa Citizen :

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En clair, ce que dit Lavigne c’est « oui, le cahier des propositions reflète ce que les militants votent en congrès mais cela ne veut pas dire que ces propositions se retrouveront dans la plateforme électorale du parti ».

Ah. Voilà qui est intéressant. Dans un monde idéal, la plateforme électorale ET le cahier des propositions des militants pourraient coexister sur le même site internet car l’écart entre les deux ne devrait pas être si important que cela justifie le retrait des aspirations, en congrès, de la base militante. Brad Lavigne affirme au journaliste que la plateforme électorale officielle du parti sera dévoilée plus tard dans la campagne. Il sera intéressant alors de la comparer  au cahier des propositions. Si on se fie à ce que Mulcair, son potentiel ministre des finances Andrew Thomson, ou aux remontrances servies par le chef aux candidats plus progressistes dans le parti comme Linda McQuaig, je parierais un petit deux que la plateforme officielle du NPD ressemblera plus à celle d’un Jean Charest au Québec, qu’à celle de Jack Layton en 2008.

Deuxièmement, retirer le cahier des propositions du NPD, du moins le soustraire à la lecture du grand public, permet au chef d’agir -et de réagir- avec plus de latitude. Depuis le début de la campagne, chaque jour, quelqu’un déterre une bribe du passé de « Tom » Mulcair qui jette un éclairage sur la contradiction entre ses positions d’homme de droite et son poste de chef de la « gauche » au NPD. Le Thatchergate en était un exemple, mais il y en a beaucoup plus. Hier par exemple, le National Post y allait de sept exemples documentés qui prouvent que Mulcair est un « Conservateur de garde-robe », bref, un homme de droite qui se maquille des apparats d’un chef de gauche.

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Cette image d’un chef progressiste qui refuse de se dire de « gauche » fait mal à « Tom » Mulcair et ses conseillers le savent très bien. Voilà pourquoi il est important que le chef ait les coudées franches afin de pouvoir prendre position sans toujours être lié par les résolutions du parti en congrès.

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Force est d’admettre que l’écart entre le Mulcair qui défendait Thatcher, attaquait les syndicats, proposait la privatisation du Mont-Orford ou des ressources hydrographiques d’eau potable du Québec et faisait l’apologie d’un libre-échange résolument néolibéral est gigantesque comparativement à celui qui, aujourd’hui, veut se frapper des airs d’environnementaliste et de « grand défenseur de la classe moyenne ».

L’écart est si grand, que c’en est presque gênant.

« Tom » Mulcair, le Conservateur de garde-robe?

On ne pourrait imaginer sources plus éloignées idéologiquement. Pourtant, quand on compare ces textes du National Post et du site de « la gauche en mouvement au Québec » Presse-toi à gauche, même constat: Mulcair, homme de droite.

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Dans l‘article du National Post, le journaliste Tristin Hopper pointe certains éléments qui rappellent que le parcours idéologique du chef du NPD en fait un homme de droite. Il évoque les tractations bien réelles engagées par Mulcair et les Conservateurs en 2007 en vue d’un poste au sein du parti; l’apologie avérée par Mulcair de la Dame de fer Maggie Thatcher; le souvenir de nombreux députés actuels et passés de l’Assemblée nationale qui n’hésitent pas à qualifier Mulcair d’homme idéologiquement à droite;

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ce à quoi on peut aussi ajouter, notamment, le témoignage de l’ancien député libéral provincial devenu Conservateur Lawrence Cannon qui a admis les tractations de Mulcair avec les Conservateurs; suivent ensuite les dossiers d’Israel (Mulcair est un inconditionnel de la défense d’Israel, au point d’évincer des candidats qui contestent cet état), de la loi 101 qu’il a combattu de façon engagée et sa position sur le libre échange qui est en droite ligne avec celle des Conservateurs.

Le plus intéressant à mon sens, et le journaliste termine là dessus, c’est le rappel de la mise en garde servie par un ténor de la gauche canadienne (il ne prend pas peur devant cet épithète lui!) et du NPD Ed Broadbent lors de la chefferie du parti en 2011. Broadbent a tenté da barrer le chemin de Tom Mulcair en mettant en garde les militants que selon lui, le parti devait absolument demeurer à la gauche du centre politiquement.

L’avenir a donné raison à Ed Broadbent et Mulcair a systématiquement, méthodiquement, déplacé le NPD vers le centre et, l’appât du pouvoir aidant, de plus en plus vers la droite.

La triste « Mulcair-isation » du NPD

Et pourtant, ça ne date pas d’hier cette critique d’un « Conservateur de garde-robe » qui pousse à droite le parti des « progressistes » canadien. Le blogueur de gauche Pierre Beaudet s’en désolait déjà l’an dernier. Un texte fort intéressant qui rappelle les racines de gauche du NPD et ce « virage » opéré par le chef actuel du NPD en un autre parti de centre-droite. Extrait :

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Presse-toi à gauche reproduit d’ailleurs une traduction d’un texte de Yves Engler qui était très critique des positions de Mulcair : « Le « N » dans « NPD » veut maintenant dire Néolibéral ». Les mêmes exemples sont cités; appui équivoque au libre échange, politiques de la droite néolibérale, la conclusion de ce texte est marquante :

« Un parti social démocrate motivé par l’amélioration de la société et non par la prise du pouvoir, aurait sauté à pieds joints sur la proposition du FMI. Mais, le chef du NPD était plus occupé à se départir de la candidate Linda McQuaig dans Toronto centre lors de l’élection partielle ; elle avait soutenu antérieurement que le taux d’imposition des plus riches devrait être à 70%. Là-dessus, M. Mulcair a déclaré au National Post : « Attention ! Elle n’a rien dit qui soit contraire aux politiques du parti (depuis qu’elle est devenue candidate). Elle est une intellectuelle avec une audience publique et elle a écrit toutes sortes de textes. Mais nous avons déposé une offre devant les Canadiens-nes…L’augmentation des impôts sur les revenus des individus n’en fait pas parti ».

Il va arriver un moment où les progressistes, membres de ce parti, vont devoir se demander jusqu’où ils et elles seront d’accord pour continuer d’avancer sur le sentier néo libéral. Pour le moment, ces membres ont le devoir d’informer leur chef de leur opposition au AECG et qu’une sérieuse augmentation d’impôt sur les revenus des riches s’impose. »

Voilà précisément la question que doit se poser la gauche canadienne (et implicitement la gauche au Québec), jusqu’où aller dans la perversion des idéaux de gauche afin de s’accaparer du pouvoir et le remettre entre les mains d’un « Conservateur » de garde-robe?

Le NPD perd des appuis, une course à trois dans le Canada anglais…

La plus récente mise à jour de l’agrégation des sondages faite par Éric Grenier pour le compte de CBC News montre que le NPD perd l’avance qu’il revendiquait en début de campagne électorale.

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Plusieurs facteurs pourraient expliquer que malgré les déboires constants du camp Conservateur, Mulcair semble incapable d’en profiter pour consolider son avance ou même se distancer de ses adversaires. Je l’ai souvent indiqué dans mes textes ici, la couverture de la campagne dans le Canada anglais est différente de celle que l’on voit au Québec. Dans le ROC, on insiste sur le double discours du chef néodémocrate, tout comme on note le changement de positionnement idéologique qui s’opère sous la gouvernance de « Tom » Mulcair. Plus ce dernier pousse le NPD à droite, plus Trudeau semble revenir dans la course, notamment en Ontario.

Aussi, on doit l’admettre, il y a bien eu un « effet Thatcher » sur cette campagne en ce que tous les adversaires de Mulcair se sont servi de cet épisode pour conforter l’image d’un chef opportuniste, idéologiquement peu crédible.

Intentions de vote par région : beaucoup de changements…

Bien que Éric Grenier prenne la peine d’expliquer que les projections régionales sont soumises, le plus souvenus, à de larges marges d’erreur, force est de constater que dans l’état actuel des choses, beaucoup de changements pourraient avoir lieu dans l’ouest et en Ontario.

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Les analystes s’entendent généralement pour dire que si le NPD veut déloger les Conservateurs pour former un gouvernement minoritaire (on ne parle pas de majorité, aucune projection n’admet ce scénario), la formation de Mulcair doit balayer le Québec, une bonne part de la Colombie-Britannique et récolter une 40aine de sièges en Ontario. C’est le scénario du strict minimum.

Le plus grand gagnant en ce moment demeure le parti libéral de Trudeau qui arrache des appuis à tous les autres partis semble-t-il. Tout indique que le PLC fera beaucoup mieux que sa débandade de 34 sièges en 2011.

Et le Bloc Québécois dans tous ça? Difficile de se prononcer. On remarquera que l’agrégateur de sondage ne tient pas compte du CROP. On salue d’ailleurs le fait que le poids de chaque sondage dans l’ensemble de l’équation tient compte de multiples facteurs, dont la méthodologie et la taille de l’échantillon. Le Québec est différent en ce qu’il compte une force politique régionale, le Bloc, qui peut brouiller les cartes. Le dernier Léger, (échantillon 2095, panel web) montrait un portrait régional du Québec qui diffère de toutes les enquêtes pan-canadiennes, le Bloc récoltant plus de 40% dans cinq régions du Québec. Il faudra porter attention aux sondages crédibles qui prendront compte la diversité régionale.

Une chose est certaine, plus le dossier du pétrole-pipelines prendra de la place dans la campagne, plus le NPD sera vulnérable au Québec.

En pleine campagne électorale fédérale, TransCanada tient des audiences sur Énergie Est à Montréal…

Il est indéniable que le dossier du pipeline Énergie Est de la pétrolière TransCanada est un dossier capital, un enjeu de la plus grande importance pour la population du Québec.

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L’organisme Équiterre explique la nature du projet sur son site web; on parle ici d’une tracé de pipeline de plus de 4600 km qui ferait transiter chaque jour plus de 175 millions de litres de pétrole d’ouest en est, un pétrole destiné à l’exportation pour lequel le Québec ne tirerait aucun bénéfice tout en encourant tous les risques inhérents à cette infrastructure.

Fait intéressant, la pétrolière TransCanada tiendra dans la grande région de Montréal et ses couronnes des sessions d’information publiques sur le pipeline Énergie Est. L’horaire, les dates et l’endroit des rencontres :

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On remarquera que la date limite d’inscription pour présenter un mémoire dans le cadre de ses consultations arrive à grand pas, soit le 3 septembre. On prend soin aussi de faire remarquer que le nombre de places est limité pour assister aux séances. Il est essentiel que des voix s’expriment, que des centaines, des milliers de Québécois, à l’instar des britanno-colombiens qui ont investi la rue, manifestent leur désapprobation, leur rejet de ce projet inadmissible.

Qui fera connaître la dissidence des Québécois à ce projet?

Il y a certainement au Québec des voix environnementalistes, progressistes, qui s’opposent à ce pipeline comme à d’autres projets de transport de pétrole par wagon par exemple. On se souviendra, notamment, du combat mené par des militants de Québec Solidaire et autres environnementalistes contre l’inversement de la ligne B9 de la pétrolière Enbridge. Le Parti Québécois de Pauline Marois aurait dû combattre avec véhémence ce projet, ce qu’il n’a pas fait. Les critiques étaient donc tout à fait justifiées en ce sens où le PQ d’alors soufflait le chaud et le froid dans ce dossier.

Cependant, cette même gauche qui aime bien s’opposer au PQ et aux indépendantistes en général, se trouve cette fois-ci piégée dans ses propres contradictions. Quiconque voisine un peu les réseaux sociaux aura croisé ces militants qui implorent les Québécois de « défaire Harper à tout prix en appuyant le NPD ». Le problème c’est que le chef du NPD est un défenseur du projet de TransCanada, un « win-win-win » répétait-il lors du premier débat des chefs.

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Verbatim, tiré du site web de Maclean’s

La position du NPD est, on ne peut plus claire; les pipelines vers l’ouest? Non! Trop risqué pour l’environnement et les rivages majestueux qui s’y trouvent! Les centaines de cours d’eau et le fleuve St-Laurent qui seraient traversés per le pipeline? Win-win-win!

Il serait étonnant que ceux qui critiquaient avec véhémence l’inversement de B9 en 2012 soient aussi militants cette-fois contre Énergie Est. On peut d’ailleurs faire le test en envoyant la pétition d’Équiterre contre le pipeline Énergie Est à tous ces militants de la gauche pro-NPD… Signeront-ils? Accepteront-ils de se battre contre ce projet inévitablement catastrophique pour le Québec?

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Faire pression sur son candidat NPD au Québec

Une autre façon de combattre ce projet toxique est de faire pression de toutes les façons possibles auprès du candidat du NPD dans chaque comté au Québec. Il est impératif que chaque candidat du NPD, localement, se positionne quant à ce projet. J’en connais personnellement qui sont viscéralement contre le pipeline Énergie Est. Auront-ils le droit à la dissidence? Connaissant le style autoritaire du chef du NPD cela serait surprenant. Forçons alors cette question. Imposons cette question au chef du NPD.

Car voilà une contradiction épouvantable devant laquelle cette gauche pro-NPD doit être placée, à laquelle elle doit répondre. Comment appuyer un parti qui tient de multiples rencontres de contestation en Colombie-Britannique pour s’opposer au pipeline Northern Gateway tout en appuyant 4600 km de transport de bitume extra toxique à travers tout le territoire du Québec?

Pas de répit pour Stephen Harper! Pause dans le procès Duffy, début du procès Carson…

Ceux qui pensaient que la pause dans le procès Duffy permettrait aux Conservateurs de souffler un peu du côté des affaires éthiques se trompent. Dès vendredi, la troisième phase du procès Duffy prendra fin pour ne reprendre qu’après les élections mais qu’à cela ne tienne, les reporteurs judiciaires et politiques ne feront que déménager leurs pénates au procès d’un autre proche de Stephen Harper, son ancien conseiller Bruce Carson.

Pour un parti qui se veut champion de la loi et de l’ordre… ça fait pas mal de temps devant les tribunaux vous trouvez pas!

Et on ne peut dire que les Conservateurs ne le savaient pas compte tenu que la date de procès est fixée depuis un an presque jour pour jour.

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Bruce Carson fait face à la justice dans une cause de lobbyisme illégal et de trafic d’influence alors qu’il est soupçonné d’avoir tenté de marchander ses contacts politiques en échange de contrats de purification d’eau à l’avantage d’une compagnie d’Ottawa dans ce secteur.

Pas de répit pour Stephen Harper

Cette succession de procès qui impliquent des proches de l’administration du PM sortant pourrait être dévastatrice, sinon fatale politiquement. D’une part, ces procès renforcent la perception qu’un « changement est nécessaire ». Le sondeur et politicologue Greg Lyle de Innovative Research explique que « l’un procès chevauche pratiquement l’autre; comme l’effet de la goutte d’eau, ce sont mauvaises nouvelles sur mauvaises nouvelles. Voilà qui rend la mobilisation des troupes difficiles et qui renforce le message des adversaires de Stephen Harper que le changement est nécessaire ».

Notons que Bruce Carson bénéficie de la présomption d’innocence mais les procès en eux-mêmes sont dommageables du moins quant aux perceptions que ceux-ci laissent dans la population.

Bref, les Conservateurs savaient que ces procès auraient lieu pendant la campagne électorale mais comme la loi sur les élections à date fixe imposait la date des élections, les stratèges Conservateurs en sont donc contraints de miser sur le fait que l’affaire Carson est bien différente du cas Duffy en ce que le PM Harper lui-même, ni son administration ne sont visée.

Reste à savoir si ces procès influenceront le vote à la mi octobre.

Les Libéraux de Trudeau attaquent le NPD par la gauche…

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Il fallait s’y en attendre, le parti Libéral du canada de Justin Trudeau passe à l’attaque, et il vise le NPD. Des ténors libéraux comme John McCallum et Chrystia Freeland ont lancé les premières salves en fin de semaine en visant précisément l’électeur « plus à gauche » que le NPD semble délaisser depuis le début de la campagne électorale.

Dès le second jour de campagne, je rappelais à l’attention des lecteur de ce blogue la critique formulée par une figure de proue du NPD au Canada, l’ex ministre néodémocrate de la Saskatchewan Janice Mackinnon qui, à la populaire émission de la CBC Cross country Checkup, se désolait que Mulcair pousse le NPD plus à droite que le PLC de Trudeau.

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Hier encore, le chef du NPD reculait sur une énième promesse plus « progressiste » comme le rapportait le journal Metro. Chaque fois, le parti libéral du Canada en fait ses choux gras et en profite pour rappeler à cette frange d’électeurs plus progressistes qu’ils courtisent tous les deux (PLC et NPD) que Mulcair recule sur ses engagements.

“What would Tommy Douglas say?” (Qu’en penserait Tommy Douglas?)

La ligne d’attaque des Libéraux en fin de semaine était fort efficace en ce sens. Pour bien montrer à quel point le chef néodémocrate rompt avec l’héritage progressiste du parti, John McCallum posait la question suivante à propos des reculs successifs de « Tom » Mulcair : « qu’en penserait Tommy Douglas? » (l’équivalent du René Lévesque du PQ pour le NPD).

En particulier, le PLC de Trudeau reprend à son compte la promesse rompue par le NPD de taxer les plus riches de l’échelle fiscale pour ensuite baisser le seuil de taxation des familles de la classe moyenne.

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Sur un autre front, le député libéral McCullum n’a pas manque de rappeler lors de son point de presse que la prétention du chef du NPD que la première ministre de l’Ontario appuyait la promesse du NPD d’un programme universel de garderies à 15$ était fausse. En effet, la ministre de l’éducation ontarienne Liz Sandals a rectifié le tir et a invité tous les partis à investir en la matière sans accorder quelque appui que ce soit au NPD. Normal quand on sait que les Libéraux provinciaux ontariens appuient concrètement, sur le terrain, le PLC de Trudeau.

Cette lutte sans merci pour l’électeur plus progressiste dans le ROC est très intéressante et largement couverte dans le Canada anglais; un peu moins au Québec. cela s’explique, notamment, par le fait que l’alternative progressiste naturelle au Québec quand le NPD sacrifie ses promesses de gauche devient le Bloc Québécois.

Déjà que « Tom » Mulcair se fait vacillant dans sa position de « chef progressiste » en assurant le plus sérieusement du monde qu’il est « social-démocrate », « progressiste », mais pas de « gauche ».

Une telle antinomie est loufoque et ne fait qu’amplifier la perception toujours croissante que le chef du NPD est maître du double-dicours. Dans le Canada anglais, tous les adversaires du NPD l’ont compris. Libéraux, Conservateurs et même les Verts ne se gênent pas pour attaquer Mulcair à partir de cette prémisse bien précise…